🔴 Présentation du projet socialiste par Chloé Ridel - conférence de presse
Conférence de presse du Parti socialiste, le 22 avril 2026, où Chloé Ridel, porte-parole du parti, présente le projet pour la présidentielle de 2027 soumis aux militants. La vidéo ne contient que son exposé d'ouverture, une trentaine de minutes, pas les questions des journalistes. Le texte présenté ce jour-là restait ouvert aux amendements des militants : les insights le confrontent à la version du projet publiée en ligne, dont les mesures sont reliées au comparateur de programmes.
Il vient du Carbon Majors Report publié par le CDP en 2017 : 100 producteurs de charbon, de pétrole et de gaz sont liés à 71 % des émissions industrielles de gaz à effet de serre depuis 1988, en comptant la combustion de ce qu'ils vendent. Beaucoup sont des entreprises publiques — Saudi Aramco, Gazprom, Coal India —, ce qui rejoint l'argument de Chloé Ridel sur des États au service de leurs champions. Les deux chiffres qui précèdent, sur les profits des multinationales, ne sont pas sourcés dans l'exposé.
« Vous avez déjà un millier de sociétés multinationales qui se partagent l'essentiel des profits mondiaux, un peu plus de 500 qui en réalisent la moitié et une centaine seulement qui contribuent à 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Et derrière ces entreprises, vous avez souvent des États qui se mettent à leur service »
Pour la porte-parole, la polarisation du pays nourrit l'extrême droite, et la réconciliation passe par la lutte contre les fractures territoriales, sociales et identitaires. La lecture qu'elle fait de la formule est disputée : Mélenchon désigne par « Nouvelle France » le pays transformé par les brassages, et ses défenseurs contestent qu'elle en oppose une autre — François Ruffin la refuse aussi, au nom de « la France en entier ».
« Donc je crois que nous devons aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon qui voudrait opposer ce qui serait une ancienne à ce qui serait une Nouvelle France. Répondre que la France ne pourra tenir sa promesse liberté, égalité, fraternité que si elle retrouve son unité, parce que la division du peuple et la polarisation de notre pays nourrissent l'extrême droite. »
Le projet écrit en précise le périmètre : la moitié des sièges et des droits de vote pour les administrateurs salariés dans les entreprises de plus de 500 salariés, et la règle du partage de la valeur pour celles de dix salariés et plus. La France n'est pas dépourvue de représentation des salariés au conseil — depuis 2013, les grandes entreprises comptent un ou deux administrateurs salariés —, mais elle reste loin de la parité que vise le texte.
« nous portons l'ambition de construire une vraie démocratie sociale, c'est-à-dire qui vit sous le régime de la codétermination avec une parité de représentation des salariés et des actionnaires et des patrons au conseil d'administration avec aussi une règle de partage de la richesse en entreprise que nous proposons et qui est simple et qui pose le principe que pour 1 € versé en dividende, 1 € est également versé en participation et à l'intéressement des salariés. »
La hausse des salaires « n'y suffira pas », dit Chloé Ridel : les dépenses de logement, d'alimentation et d'énergie ont augmenté plus vite qu'eux. Les outils annoncés sont des interventions publiques — sortir l'électricité de la logique de marché pour revenir à des tarifs régulés, encadrer les loyers, faciliter la réquisition des logements vacants, faire respecter la loi SRU —, que le projet écrit reprend, avec un SMIC porté à 1 690 euros net.
« Pour rendre du pouvoir d'achat aux Françaises, ce qui est leur première préoccupation, il faut baisser les dépenses contraintes, c'est-à-dire le logement, l'alimentation, l'énergie. Dépenses contraintes qui ont augmenté beaucoup plus vite que les salaires ces dernières années. »
Aux côtés de la délinquance et du narcotrafic, Chloé Ridel range sous ce mot l'accès aux soins dans les déserts médicaux, les inondations, les mégafeux et les pollutions — citant les deux millions de signataires de la pétition contre la loi Duplomb — et propose une « sécurité écologique et climatique ». Le projet écrit en fait une mission régalienne, l'adaptation au changement climatique devant être planifiée par territoire.
« nous voulons répondre à l'extrême droite qui pense avoir le monopole du débat sur la sécurité mais qui ne le traite que sous l'angle de l'immigré ou de l'étranger. Nous nous abordons la question des sécurités au pluriel. »
Le texte du projet justifie autrement la mesure : à effectifs d'enseignants constants, la baisse du nombre d'élèves ferait passer la taille moyenne des classes de 22,4 à 18,2 élèves en dix ans, « sans nouvelle dépense ». L'autofinancement par la richesse créée, lui, n'est pas chiffré dans l'exposé. La mesure vise toutes les classes, au-delà des dédoublements déjà pratiqués dans l'éducation prioritaire.
« réduire le nombre d'élèves par classe à 19 élèves maximum dans toutes les classes de France, pas simplement dans les classes des écoles prioritaires. […] Et ce qui est intéressant avec cette mesure, c'est qu'elle s'autofinance parce que les gains que vous obtenez par la réussite de toutes et tous, vous les retrouvez ensuite en terme de richesse créée pour la société. »
La reprise se ferait sans rachat anticipé, à l'expiration des concessions, dont la plupart arrivent à échéance entre 2031 et 2036, par un établissement public baptisé « Routes de France » dans le projet écrit. Le même volet prévoit de louer un million de petits véhicules électriques à 100 euros par mois aux ménages modestes et aux habitants des zones rurales et périurbaines.
« On propose de nationaliser les autoroutes aussi, de reprendre progressivement les 9000 km d'autoroutes qui ont été concédé à l'expiration des contrats et de réinvestir les bénéfices non seulement dans l'entretien du réseau, mais aussi dans les transports durables que je vous ai mentionné, le train, le vélo et la location sociale de véhicules électriques. »
Chloé Ridel présente l'intégration par le travail comme la réponse à l'exploitation des sans-papiers par des employeurs peu scrupuleux et des marchands de sommeil. Le projet écrit fixe le seuil : un titre de séjour pour toute personne étrangère disposant d'un contrat de travail depuis au moins six mois. Elle annonce aussi le transfert de la politique d'immigration à un secrétariat interministériel placé sous l'autorité du Premier ministre, l'intégration étant selon elle une question sociale autant que de sécurité.
« il faut pouvoir mener une politique de régularisation des étrangers qui travaillent dans notre pays, leur apprendre la langue française dès la première demande de titre de séjour, leur enseigner aussi les valeurs qui sont les nôtres, qui sont celles de la République et c'est ainsi que l'on pourra reconstruire une politique migratoire qui soit en fait applicable »
Les trois formes de haine sont nommées ensemble, comme dans le projet écrit, qui en fait une « grande cause nationale » et veut transformer la DILCRAH en autorité indépendante dotée d'un budget propre. Contre les contrôles au faciès, Chloé Ridel reprend le récépissé, que le texte associe à une autorité externe de contrôle des forces de sécurité.
« de faire de la lutte contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre l'islamophobie, une grande cause national. Et ça ça nécessite un plan national pour des formations obligatoires au collège et aux lycées pour une culture de la tolérance zéro à l'égard des discriminations au sein de tous les services publics mais aussi au sein des entreprises avec des politiques aussi de testing. »
Le dernier référendum national remonte au 29 mai 2005, quand 54,7 % des votants ont rejeté le traité établissant une Constitution pour l'Europe, dont la substance a été reprise par le traité de Lisbonne, ratifié par voie parlementaire en 2008. Le projet écrit propose un référendum d'initiative citoyenne et l'abaissement du seuil du référendum d'initiative partagée ; pour déprésidentialiser, il confie au Premier ministre le pouvoir de dissolution et inverse le calendrier des législatives et de la présidentielle.
« il faut un vrai choc démocratique dans notre pays avec une réforme de nos institutions, avec une action immédiate et urgente pour garantir l'indépendance des médias mais aussi de tous les secteurs culturels pour déprésidentialiser nos institutions, pour recourir de nouveau au référendum qui est l'éléphant dans la pièce depuis 2005 qu'on a plus jamais osé réutiliser »