On DÉCOUVRE le PROGRAMME du PS ??
Stream de réaction de la chaîne Cass André (52 min) : deux voix, dont celle de Cassandre, lisent à l'écran un article d'Antoine Oberdorff pour L'Opinion sur « les dix propositions les plus surprenantes » du projet socialiste pour 2027, et les commentent une à une, sur un ton très sarcastique. L'article décrit une version de travail, discutée le 14 avril 2026 entre les trois courants du parti : trois jours avant la présentation officielle du projet par Chloé Ridel, deux mois avant son adoption par les militants, le 25 juin. Chaque insight confronte donc le commentaire au texte publié, qui s'écarte de l'article sur plusieurs points — les caméras dans les abattoirs et l'interdiction des espaces « no kids » n'y figurent pas. Les phrases de l'article et les messages du chat lus à voix haute ne sont pas distingués dans le transcript : ils ne sont jamais attribués au stream, dont les deux voix sont citées ensemble.
L'article commenté relève dans le projet « un goût prononcé pour les dispositifs de consultation », et le texte publié le confirme : conventions citoyennes sur le cannabis, sur l'école et sur la refondation des institutions, « Grenelle de la première ligne » pour les métiers essentiels. Le stream y voit un outil pour « donner l'impression de progressisme », dont il attribue l'usage à Emmanuel Macron.
« Le meilleur moyen de baiser les gens, c'est de faire croire que tu vas les écouter et que en fait consulter n'engage à rien. […] tu peux dire que dans ton programme il y a le SMIC, il y a les retraites, il y a tout ce que tu veux mais en réalité tu vends simplement une consultation. »
Promis par François Mitterrand en 1981, puis par François Hollande en 2012 (son engagement n° 50), le droit de vote des étrangers aux élections locales n'a jamais été institué : adopté par l'Assemblée en 2000 puis par le Sénat en 2011, le texte constitutionnel n'a jamais été soumis au Congrès, faute, selon l'exécutif d'alors, d'une majorité des trois cinquièmes. Le projet socialiste de 2026 le reprend pour les étrangers extra-européens.
« la légalisation du cannabis aujourd'hui, c'est comme ce qui était à l'époque pour le PS, le droit de vote des étrangers. C'est un truc, tu mets dans ton programme pour avoir le vote des jeunes et des gens un peu plus à gauche […] et derrière tu l'abandonnes parce que tu sais que ce serait trop coûteux politiquement »
Le stream juge l'étape inutile — les modèles de légalisation, libéraux ou étatiques, et leurs effets sont connus — et soupçonne un marqueur destiné à être abandonné. Le texte publié confie bien la question à une convention citoyenne, tout en en fixant l'issue : « la légalisation devra aller de pair avec un contrôle étatique strict sur la production et la commercialisation ». L'Avenir en commun la décide directement, sous monopole d'État.
« c'est pas la légalisation du cannabis, c'est la légalisation du cannabis sous contrôle de l'État. […] vous planchez sur un truc mais on vous dit déjà ce que vous êtes censé faire derrière et on sait déjà ce qu'on va dire non. »
Le texte publié borne d'avance la catégorie : « revaloriser les métiers essentiels (santé, éducation, social) », avec une prime « santé 2030 » pour les professionnels du soin et du lien qui touchent déjà les primes Ségur. Le précédent de la pénibilité est réel : les ordonnances Travail de 2017 ont retiré quatre des dix critères du compte pénibilité, dont le port de charges lourdes — critères que le projet promet de rétablir pour le calcul de la retraite.
« à chaque fois si tu fais le truc sur le travailleur essentiel, tu vas forcément poser la question de à quel point est-ce qu'ils sont essentiels ou pas. Et du coup c'est sur la légitimité ou non de la qualification essentielle. C'est comme sur la pénibilité. Comment tu définis si quelque chose est pénible ou pas ? En fait, suffit de dire que ton travail n'est pas pénible pour ne pas te donner la tune et les aménagements qui sont nécessaires à un travail pénible. »
L'hypothèse vient du chat, et le texte publié lui donne corps : il prévoit d'« auditer les méthodes d'étourdissement et interdire l'abattage sans étourdissement préalable ». En France, cet abattage n'est permis que par dérogation, pour les abattages rituels musulman et juif (article R. 214-70 du code rural) : la mesure la supprimerait, comme l'ont fait la Flandre et la Wallonie en 2019 — une interdiction jugée compatible avec la liberté de religion par la Cour de justice de l'UE (2020) puis par la Cour européenne des droits de l'homme (2024).
« Mais sauf que le PS c'est pas des caméras pour être sûr que l'abattage rituel soit fait dans les conditions légales de l'islam. Ça va être juste est-ce que c'est OK de faire de l'abattage rituel quoi. »
L'article commenté annonce un audit des méthodes d'étourdissement et des caméras « sous contrôle de l'État » dans les abattoirs ; le stream y voit « des caméras pour fliquer les travailleurs ». Le texte publié ne parle pas de caméras mais d'une autorité indépendante dotée d'un droit de visite inopinée, et il prévoit ce que réclame le stream : « réduire les cadences, reconnaître la pénibilité spécifique de ces métiers ».
« le problème des abattoirs tu sais c'est pour moi c'est comme les pions tu vois ou les matons de prison. Ça veut dire que structurellement ou les gens qui travaillent dans les EHPAD, tu vois, où en fait tu as un devoir de rendement et des conditions de travail qui structurellement te rendent violent. […] Tu fais un boulot où tu dois avoir un rendement tellement énorme que c'est violent. »
Aux villes pensées pour de jeunes couples en quête de tranquillité, le stream oppose une solution simple — « isoler les logements » — et reconnaît que LFI frôle le même écueil avec son « droit au silence », « pas dans les mêmes proportions ». Le texte publié parle d'un « droit au beau, au calme, au vert » : il cible le bruit des moteurs, des motos et des avions, et rembourse l'insonorisation des logements exposés.
« Service public du beau et du calme, ça veut dire on dégage les pauvres. C'est on dégage les pauvres, on dégage les jeunes, on dégage tout ce qu'il y a de vie dans la ville. »
Le transport routier de marchandises pèse lourd : 22 % des gaz à effet de serre des transports pour les poids lourds, 15 % pour les utilitaires légers, qui ne servent pas tous à la logistique. Mais la majorité, 53 %, vient des voitures particulières, celles que vise la location d'un million de petits véhicules électriques (Citepa et SDES, données 2023 publiées en décembre 2025). Quant aux rails, que l'article ne cite pas, le texte publié veut « reconstruire Fret SNCF et développer le fret fluvial ».
« Donc c'est en mode ah donc pour le mix énergétique 100 % c'est on va faire des petites voiturettes électriques. Mais genre vous êtes au courant que c'est le milieu de la logistique qui bouffe la majorité de la carbonation des transports. »
Depuis la loi de novembre 2016, votée sous François Hollande, changer la mention du sexe à l'état civil passe par le tribunal judiciaire, sans condition médicale — le PS ne l'a « pas fait jusqu'ici », relève le stream en fin de vidéo. Le texte publié propose d'y substituer « une procédure administrative rapide, gratuite et fondée sur l'autodétermination, comme en Allemagne », où une déclaration à l'état civil suffit depuis novembre 2024.
« c'est vraiment en mode insolite et il met vraiment la revendication historique du mouvement trans et surtout il dit pas trans, il dit LGBTQ+ »
Le biais est mesuré : dans une étude de Stanford publiée dans Science Advances en 2022, des algorithmes de dermatologie de pointe voyaient leur performance chuter de 27 à 36 % sur un jeu d'images plus divers, et tous faisaient moins bien sur les peaux foncées — tout comme les dermatologues eux-mêmes, ce qui rejoint le parallèle du stream avec les biais des soignants. L'article prêtait au projet de « libérer le plein potentiel des données de santé » ; le texte publié s'en tient à « un usage raisonné de l'IA comme aide au diagnostic ».
« sur le diagnostic, les IA le problème c'est qu'elles sont mal entraînées. Par exemple, sur les trucs de cancer de la peau, si tu as une peau noire, l'IA, il va pas détecter. »
Le texte publié va au-delà d'une plaque : il veut faire reconnaître la colonisation comme un crime contre l'humanité et le massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d'État, et créer une fondation chargée d'un musée de l'histoire coloniale. Il consacre aussi une section à combattre l'islamophobie, « au sens de la haine contre les musulmans », et s'il réserve le mot « impérialisme » aux puissances russe, chinoise et américaine, il promet de « sortir définitivement de la Françafrique ».
« je préférerais que ils agissent vraiment sur l'impérialisme, sur l'islamophobie qu'il y a actuellement plutôt que de mettre une plaque de merde pour reconnaître un truc qui est passé il y a 150 ans. »
La cible est la formule du projet — faire évoluer le droit civil « en faveur de la reconnaissance » des personnes LGBTQIA+. Le stream donne un exemple de chantier : le droit de la filiation, « entièrement écrit avec un présupposé hétéro et cis », qu'il faudrait refondre. Le texte publié promet de « sécuriser la reconnaissance juridique de toutes les familles LGBTQIA+ », multiparentalité et enfants nés par GPA ou PMA compris, sans en préciser les modalités.
« si on a des droits et que ces droits nous permettent de nous insérer dans la société, on sera reconnu quoi qu'il arrive […] Et du coup, c'est ça qui fait la reconnaissance. C'est l'accès à ces droits là qui nous permet d'avoir littéralement, comme on dit, le droit de cité, c'est-à-dire le droit d'être dans la cité, le droit d'être dans la société quoi. »
L'article présente des congés de maternité et de paternité égaux comme une idée « pour relancer la natalité ». Le texte publié les range sous l'égalité entre femmes et hommes, avec un service public de la petite enfance garantissant « une solution de garde pour chaque enfant » — la garde collective que le stream préfère à la nounou —, mais écrit aussi que c'est « à cette condition que la natalité pourra retrouver sa force ».
« c'est de voir le taux de natalité comme un objectif en soi et ne pas voir du coup la natalité comme un indice parmi d'autres du bon vivre dans un pays. […] ça montre que tu fétichises davantage le chiffre d'enfants qui naissent que la vie qu'ils vont mener »
L'interdiction citée par l'article renvoie au débat sur les wagons sans enfants, que le stream évoque : lancées le 8 janvier 2026 dans les TGV, les classes Optimum et Optimum Plus de la SNCF sont fermées aux moins de 12 ans. Le texte publié ne reprend pas l'interdiction : il déplore seulement que « la mouvance “no kids” » veuille « invisibiliser nos enfants de certains espaces publics ».
« ça se pose sur comment tu inclus les enfants dans l'espace public plus que comment tu interdis les gens de les exclure. »
Le distributeur informatique LDLC est bien passé en 2021 à la semaine de quatre jours et 32 heures sans baisse de salaire. Le texte publié en favorise l'expérimentation « par la négociation sociale », avec une « réduction progressive du temps de travail lorsque les conditions économiques et sociales le permettent », sans objectif chiffré ni mention des 35 heures ; L'Avenir en commun rétablit les 35 heures effectives et passe à 32 heures dans les métiers pénibles.
« tu vas avoir une boîte genre LDLC qui va le faire parce que le mec est un peu keynésien […] et du coup bah tu as des gens qui sont contents parce qu'ils ont leur semaine de 32 heures parce que leur patron est moins con et tout le reste des boîtes qui vont continuer à te chier dessus et à t'épuiser au travail »
Le texte publié fixe un objectif de 19 élèves maximum par classe et le justifie ainsi : à effectifs d'enseignants constants, la baisse du nombre d'élèves ferait passer la taille moyenne des classes de 22,4 à 18,2 élèves en dix ans, « sans nouvelle dépense ». Sur les salaires, il promet de rattraper la moyenne de l'OCDE, là où Anne Hidalgo proposait de les doubler pendant la campagne de 2022 — un recul que le stream relève d'emblée.
« Pareil, c'est encore une marotte. On va réduire le nombre d'élèves par classe. Ils le font jamais parce que ça implique d'ouvrir des nouvelles classes et de payer d'autres gens et que ils sont dans une logique d'austérité. »
Le PS a bien renoncé à la taxe Zucman, que son projet reprend : en janvier 2026, il a laissé passer sans censure le budget adopté au 49.3, contre une série de concessions (France 24, 20 janvier 2026). Mais il ne l'a pas refusée : ses députés l'ont votée chaque fois qu'elle est venue en séance — adoptée par l'Assemblée le 20 février 2025, puis rejetée le 31 octobre 2025 par le bloc central, LR et le RN, les 61 socialistes votant pour.
« Grand prince la taxe du Zucman de 2 % sur les fortunes supérieures à 100 millions d'euros. Bah du coup pourquoi vous l'avez refusé à l'Assemblée »
Il en veut pour preuve deux mesures du projet : réorienter « immédiatement » 30 milliards d'euros d'aides publiques jugées inefficaces, et réviser la loi de février 2017 sur l'usage des armes en cas de refus d'obtempérer — votée sous François Hollande, et que les insoumis qualifient de « permis de tuer ». Le texte publié confirme les deux. À l'époque de Hollande et d'Hidalgo, conclut le stream, le PS « donnait moins de gages ».
« en public, ils refusent de faire le bilan d'Hollande. Mais par contre, dans leur programme marketing pour éviter de perdre de l'espace de marché électoral à gauche à la France insoumise, ils disent “Ah, on chasse les fantômes du hollandisme” »
Les deux voix du stream en débattent : l'une se méfie de l'« obsession » du RIC et de la démocratie participative, l'autre y voit un désir réel, apparu avec Nuit debout, que le PS détournerait. Au contre-exemple de la Convention citoyenne pour le climat, elles répondent que ses propositions n'ont pas été appliquées — ses membres ont noté 3,3 sur 10 leur reprise par le gouvernement, en février 2021 — et préfèrent le programme insoumis, qui augmente le SMIC et bloque des prix sans consulter.
« ils vont satisfaire ce désir de démocratie tout en le pourrissant de l'intérieur et en faisant en sorte que ça avance pas. […] Ça sert à museler des projets politiques qui sont déjà écrits par des syndicalistes, par des associatifs, des gens qui travaillent sur les sujets »
Les allègements de cotisations patronales sont maximaux au niveau du SMIC et décroissent ensuite : chaque hausse coûte d'autant plus cher à l'employeur, et les salaires se tassent près du minimum — la « trappe à bas salaires » décrite par le rapport Bozio-Wasmer d'octobre 2024. Les 75 milliards cités correspondent aux allègements généraux ; toutes exonérations confondues, le total atteint 87 milliards d'euros en 2025. Le projet socialiste supprimerait celles situées entre 2 et 3,5 SMIC, soit 11 milliards par an.
« les vraies exonérations c'est sur le SMIC les gens. Et c'est d'ailleurs l'un des trucs qui est le pire bail pour faire augmenter les salaires des smicards, c'est que le SMIC coûte tellement peu cher par rapport à augmenter les gens au-dessus du SMIC où direct ça coûte beaucoup plus cher. »