OLIVIER FAURE : CANDIDAT À LA PRIMAIRE DU PS !!
Émission de la PaduTeam (Chris et Padu) enregistrée le 1er septembre 2026, au lendemain de l'annonce par Olivier Faure de sa candidature à la primaire de la gauche, et dans une semaine que les animateurs consacrent au Parti socialiste (Hollande la veille, Mélenchon peu avant). Le ton est critique et fréquemment ironique ; des extraits d'Olivier Faure sont insérés dans le flux pour être commentés, et le transcript automatique ne distingue pas les locuteurs — l'attribution de chaque citation a été faite au fil du raisonnement, les passages incertains sont signalés.
Cadre posé d'entrée par le stream : Faure, Glucksmann, Hollande et Mélenchon viennent tous de la même matrice, le PS ayant été assez hégémonique pour former « quasiment tous les gens qui sont importants à gauche ». La primaire n'est donc pas lue comme une compétition interne mais comme le premier tour d'un affrontement de lignes qui traversera toute la gauche jusqu'en 2027.
« Est-ce que cette présidentielle 2027 n'est pas un grand congrès du PS finalement, jusqu'au bout, c'est-à-dire avec deux favoris, Hollande et Mélenchon, pour l'affrontement final sur la gauche ? Et puis avant, un petit congrès avec plein de petites motions à la con. »
C'est le mécanisme qui commande tout le reste de l'émission : les animateurs ne jugent pas la candidature de Faure sur son contenu mais sur son rendement électoral pour un second tour Mélenchon. Un PS faible n'est pas une bonne nouvelle à leurs yeux, parce qu'il laisse le total de gauche trop bas pour être en position de gagner ; un PS fort ne l'est que s'il reste derrière.
« Pour que Mélenchon gagne, il faut maximiser les voix du PS, mais pas trop, pour pas qu'il passe devant. […] S'ils font 8 % et Mélenchon 16, ça va être très très compliqué d'aller chercher la victoire à la fin. S'ils font 16 % et Mélenchon 25, là c'est pas pareil. »
L'argument dépasse le cas Faure : voter pour un candidat oblige, selon les animateurs, à adopter une partie de son cadre pour rester cohérent avec soi-même, ce qui rend le report de second tour beaucoup plus coûteux. C'est ce qui leur fait préférer un électeur capté par Hollande à un électeur capté par Édouard Philippe, à report final identique. Le propos sur la colonisation est donné comme exemple par les animateurs ; il n'est pas sourcé dans la vidéo.
« Quand on fait une action, on essaye de la justifier a posteriori. Donc tu as voté pour un gars qui dit par exemple que la colonisation n'est pas un crime […] à un moment donné, tu es obligé de te dire : oui, mais peut-être qu'il a en partie raison. Tu es obligé de rentrer un petit peu dans le logiciel de droite. Et donc, en 15 jours, passer de « j'ai voté Philippe » à « j'ai voté Mélenchon », c'est pas facile. »
Au débat du MEDEF, Tondelier aurait justifié l'immigration par le besoin de main-d'œuvre des entreprises. Les animateurs, qui saluent par ailleurs le fait que ce débat ait peu porté sur l'immigration, y voient une défense utilitariste qui accepte le terrain patronal plutôt que de contester le cadre — une charge dirigée contre leur propre camp.
« Marine Tondelier a été catastrophique sur cette vision. […] Elle se fait applaudir par le MEDEF. Vraiment, c'est une vision de l'immigration de petit patron. Vraiment, ce qu'elle a fait est honteux. »
Le mécanisme est le cœur du passage : ce qui fait tenir l'électorat populaire du RN, selon les animateurs, est une promesse de redistribution d'une rareté au détriment de personnes racisées, pas une interdiction vestimentaire. D'où leur lecture de la proposition sur le voile comme une diversion qui « ne remplit pas ta caisse en fin de mois » (09:35) et qu'ils jugent inapplicable, faute de pouvoir distinguer une femme voilée d'une religieuse autrement qu'au faciès.
« Le racisme qui la pousse, on le répète, c'est le racisme qui gère la pénurie des classes populaires. C'est le raciste qui dit : « ouais, bah, ton SMIC, on pourrait l'augmenter si on payait pas Mamadou, le RSA. » C'est la préférence nationale […]. On va t'en donner plus parce qu'on va être raciste envers des gens racisés populaires. C'est pas de dire : « on va interdire le voile dans la rue. » »
Les animateurs décrivent un blocage structurel plutôt qu'une erreur de campagne : pour dépasser son socle, Le Pen devrait capter cadres, petits patrons et retraités, qui la jugent trop peu libérale, mais toute inflexion libérale lui coûterait sa base ouvrière. Ils s'appuient sur le premier tour de 2022, où elle a réuni 23,15 % après 21,30 % en 2017 — une progression réelle mais lente, qu'ils opposent au récit d'une percée continue.
« La seule manière de parler à des cadres de droite, ou de parler aux petits bourgeois, aux bourgeois ou aux retraités — c'est-à-dire l'électorat qui manque — ce serait de devenir libérale. Mais si elle devient libérale raciste, elle va perdre des ouvriers, parce que les ouvriers ne votent pas Zemmour. […] Donc c'est son problème depuis 10 ans, problème qui ne peut pas être résolu en tant que tel. »
Conclusion de la longue séquence consacrée au RN, et charnière de l'émission : la stratégie recommandée n'est pas le front républicain mais le déplacement du débat sur le bilan économique des quarante dernières années, ce qui met Hollande et Macron dans la même cible. C'est ce qui donne son enjeu à la primaire socialiste dans la suite de la vidéo.
« C'est vraiment comme ça qu'il faut construire la campagne à gauche : c'est parler des vrais sujets, parler de ceux qui ont foutu la merde pendant 40 ans, c'est-à-dire taper sur Macron, taper sur Hollande, […] ce bloc néolibéral. Et Marine Le Pen, il faut pas la calculer. C'est comme ça qu'on va la battre et qu'on va la combattre. »
Extrait de l'annonce sur TF1, inséré dans l'émission pour être commenté. Les animateurs relèvent la mise en scène — préparation soignée, aplomb — et le glissement de la réponse : la question porte sur une primaire interne, la réponse sur l'élection présidentielle elle-même.
« — Êtes-vous, vous aussi, candidat à la primaire socialiste ? — Oui, je suis candidat à la présidence de la République, et je le fais parce que je veux porter une France plus juste. »
Les animateurs jugent la primaire moins jouée qu'elle n'en a l'air : ils estiment que l'appartenance de Glucksmann à Place publique lui coûtera chez les militants socialistes, quand bien même Nicolas Mayer-Rossignol et Boris Vallaud l'ont rejoint. Ils avancent en ouverture que ces deux courants pèsent 60 % du parti — chiffre à recouper avec les résultats du dernier congrès.
« Olivier Faure, moi je suis d'accord : les gens du PS, c'est quand même votre premier secrétaire, vous l'aimez, vous l'aimez pas, mais en vrai, vous allez quand même pas voter pour un gars de Place publique. »
Le raisonnement porte sur la valeur réelle de l'investiture : une primaire remportée n'engage pas François Hollande, dont une candidature autonome siphonnerait selon eux l'électorat de centre gauche. D'où leur préférence pour un Faure battu de peu, qui conserverait un poids interne sans porter la responsabilité d'un score présidentiel faible.
« Olivier Faure peut gagner cette primaire. Le truc, c'est que s'il gagne cette primaire, il y a Hollande qui se présente et il va faire 3 %. […] Vaut mieux qu'il gagne pas, qu'il fasse 45 et qu'il ait la main sur une partie du PS, parce que s'il gagne cette primaire, il va se retrouver avec le bébé. »
Deux griefs distincts sont empilés : une ligne de politique étrangère jugée bellicistes, et un pronostic de démobilisation — une gauche qui gouverne mal préparerait la victoire de l'extrême droite au scrutin suivant. Les animateurs en tirent une consigne : en cas de second tour Glucksmann contre Le Pen, Mélenchon devrait selon eux refuser toute voix au RN sans pour autant s'associer à Glucksmann.
« Glucksmann, c'est le candidat le plus dangereux […]. C'est vraiment le candidat de la guerre, de l'atlantisme, des cinglés atlantistes qui veulent la guerre, le réarmement comme les Allemands. […] Il pave la voie à l'extrême droite, parce qu'il va se présenter au nom de la gauche, faire de la merde un peu à la Kamala Harris, c'est-à-dire qu'il va paver la voie à quelqu'un comme Bardella, par exemple, en 2032. »
Dans l'extrait, Faure impute à « ces dix années qui viennent de s'écouler » un « immense gâchis » et promet de « tout reconstruire ». Les animateurs relèvent que la borne n'est pas neutre — avant ces dix ans, c'était le PS au pouvoir — et lui opposent cinquante ans de néolibéralisme. Ils créditent en revanche le vocabulaire : parler de rebâtir rompt avec le registre du « sécuriser, préserver » qui a nourri la peur du déclassement.
« lui il parle des 10 dernières années de Macron, forcément, parce qu'avant c'était eux au pouvoir, donc forcément il peut pas remonter. Donc nous on considère que c'est les 50 dernières années néolibérales. »
Faure annonce dans l'extrait que « le bloc central va s'effondrer » et que « ces anciens Premiers ministres pourront se couvrir de cendres ». Les animateurs y voient une prophétie de circonstance et prédisent le mouvement inverse une fois la primaire gagnée, sur le précédent de Manuel Valls. Ils ajoutent que Hollande ne se laisserait pas déborder par le vainqueur d'un scrutin à 70 000 votants.
« De toute façon, il est obligé d'aller à gauche sur cette primaire et il va être obligé après de se recentrer s'il gagne la primaire, s'il veut exister par rapport à Hollande. »
Le mécanisme que les animateurs tiennent pour la clé de la séquence. Faure et Hollande partiraient du même constat — il n'y a plus de centre — pour en tirer des conclusions opposées : le premier annonce l'effondrement du bloc central, le second chercherait à le reconstituer en l'élargissant jusqu'à la droite républicaine. Aucun des deux ne l'a formulé ainsi : c'est une lecture, et elle est donnée comme telle.
« Hollande, il a un coup d'après : il dit il y a plus de centre, donc en fait il faut recréer une espèce de sauvegarde républicaine […] Hollande, il va se présenter et il va demander une alliance de Cazeneuve au PS, en passant par Attal, jusqu'à Xavier Bertrand. »
Le raisonnement le plus construit de l'émission, et il porte contre l'intérêt apparent de celui qui l'énonce. Plus le diagnostic est sombre, plus il appelle une rupture — et moins le parti qui a gouverné pendant la période paraît qualifié pour la conduire. Les animateurs en concluent que Faure ouvre un espace dont La France insoumise est la première bénéficiaire.
« ce discours, il est vachement favorable pour les gens qui sont à sa gauche. Tu vois, si on considère qu'il y a tout à réparer, pourquoi on choisirait le PS pour ça ? […] si tu veux tout réparer, il y a une forme de radicalité, de rupture, de révolution, tu choisis plutôt un Mélenchon qu'un Faure. »
Ils tiennent les deux bouts, et le second les dessert. Le même discours de reconstruction offrirait à des électeurs macronistes une porte de sortie que la radicalité déclarée leur ferme, parce qu'elle est diabolisée. La conversion se ferait donc en deux temps : changer de cadre mental d'abord, choisir ensuite entre les options qui restent.
« ce discours-là peut amener des macronistes ou des gens du centre à vouloir faire une bifurcation qu'ils ne feront jamais avec Mélenchon, parce que c'est trop radical, ça fait peur, c'est antisémite ou je sais pas quoi. Enfin, tu vois, c'est diabolisé. »
L'observation part d'une mesure que Faure vient d'annoncer pour la rentrée, un objectif de 19 élèves par classe, et qui figure au programme socialiste. Le raisonnement qui suit est juste et le score exact : Anne Hidalgo a réuni 1,75 % des voix en 2022, pire résultat du Parti socialiste à une présidentielle, et un million de suffrages aurait pesé environ 2,8 % des exprimés au premier tour. Le nombre d'enseignants est en revanche un peu tiré : le ministère en compte 851 000 à la rentrée 2026 de la maternelle au lycée, et le million n'est approché qu'en y ajoutant l'enseignement supérieur.
« les profs, frérot, ils sont genre presque 1 million dans ce pays. Donc 1 million pour le PS, c'est 3 %. Quand tu fais 1,7 %, avoir un peu plus de profs, c'est énorme pour toi. »
Une dépêche lue à l'antenne rapporte qu'il n'exclut pas de concourir. Les animateurs n'y croient pas mais retiennent le mouvement : venu de l'aile Strauss-Kahn du Parti socialiste, présent aux universités d'été de La France insoumise dix jours plus tôt, actionnaire de médias qu'ils rangent à gauche, il se rendrait indispensable à qui gagnera. Ils prêtent le même calcul à son intérêt pour une restructuration de la dette française.
« il est intelligent parce qu'il se place partout. On entend parler que de lui en ce moment. […] C'est un gars qui vient plutôt de l'aile Dominique Strauss-Kahn du Parti socialiste, qui a compris qu'aujourd'hui il n'y avait pas de centre et qu'il fallait un peu radicaliser le discours, qui a investi aussi dans les médias un peu plus radicaux, les Inrocks, Radio Nova. »
Les animateurs reprennent les chiffres avancés par Pigasse aux Amfis — cent milliards de dette, quatre-vingts annulés — et les tiennent pour faux. Le site l'a instruit deux fois et conclut à `exagere` : l'échange de mars 2012 a porté sur environ 200 milliards de titres privés, avec une décote nominale de 53,5 %, soit 107 milliards effacés, et une perte en valeur actualisée estimée entre 59 et 65 % par Zettelmeyer, Trebesch et Gulati. Ni l'assiette ni le taux ne correspondent — mais l'écart relève de l'exagération établie, pas du mensonge démontré.
« les chiffres qu'il annonce : il y avait 100 milliards de dettes, j'en ai annulé 80. C'est faux. C'est factuellement faux. Tout ça a été reventilé, rééchelonné pour pouvoir ensuite détruire le système social grec. »