La POLICE fout le ZBEUL dans les BLOCUS (c'est fait exprès)
Stream de quarante-trois minutes de la chaîne Zawa Prod, animé par Raz et Cassandre, publié le 4 octobre 2026 en pleine mobilisation lycéenne. Les deux animateurs commentent en direct des vidéos tournées autour des blocus et des manifestations : interpellations filmées par des lycéens, un député européen insoumis qui interpelle un policier, l'extrait télévisé d'un policier, puis des scènes plus légères. Le ton est très oral et sarcastique, comme toujours sur cette chaîne, et ce qui suit restitue leurs arguments, pas les extraits qu'ils regardent. Le transcript automatique mêle leurs deux voix à celles des vidéos, sans rien qui les distingue : les cartes ne prêtent donc un propos à l'un des deux animateurs que lorsque l'attribution est sûre.
Ouverture du stream. Les animateurs se moquent d'une partie de leur propre camp, qui voit dans les blocus le début d'un soulèvement et annonce que l'élection de 2027 n'aura pas lieu. Ils rappellent ce que demandent les lycéens : des classes moins chargées et des bâtiments chauffés. Obtenir cela suffirait déjà à faire du mouvement une victoire.
« il y a des lycéens qui se battent pour plus être 40 dans des classes et qu'on mettent de la tune pour pas être dans des dans des lycées dégueulasses où il fait 2 degrés. s'ils obtenaient ça déjà grâce à ce mouvement social, ça serait déjà trop bien quoi. Et que nous on est là à leur réclamer une révolution quoi. »
Le stream oppose à la vidéo du commandant frappé le 2 octobre à Belfort celle de l'interpellation qui l'a précédée de quelques minutes, dans un ruisseau. Le procureur a confirmé qu'il s'agit du même policier, en civil, qui interpellait un lycéen de 17 ans. La plainte de ce dernier dit que sa tête a été maintenue sous l'eau. Le procureur le conteste : le ruisseau était presque à sec, profond de 19 cm au plus. L'IGPN est saisie depuis le 7 octobre.
« tu as vraiment une vidéo en mode film d'horreur où tu as au fond d'un fossé un flic qui tient un gosse et qui lui met la tête sous l'eau. »
Les animateurs généralisent à partir de la scène du fossé : ce qui vaut pour ce cas extrême vaudrait aussi pour les jets de pierres ordinaires. L'affrontement servirait la police de deux façons. Il justifie la charge et la dispersion, et il donne une raison de lever un blocus puis de fermer administrativement l'établissement.
« c'est qu'en fait la police créé les conditions de l'affrontement pour plusieurs raisons parce que déjà ça les fait bander parce que ensuite c'est aussi ce qu'il les légitime à pouvoir raide les gosses, les tabasser et pouvoir disperser les manifes ou pouvoir pouvoir casser un blocus pour pour légitimer les fermetures administratives »
Les animateurs répondent à ceux qui auraient voulu que les jeunes filment la scène et laissent la justice suivre son cours. Selon eux, l'argument ignore ce que chaque manifestant sait déjà : les violences policières sont rarement sanctionnées. Ils raillent l'Inspection générale de la police nationale, qu'ils ne tiennent pas pour un recours.
« chaque enfant présent a en tête les dizaines et dizaines de violences qui ne sont jamais punies et que en fait tu es dans une situation de crise de crise de confiance et de c'est même plus de la confiance, c'est que c'est il y a une surconscience de toute personne qui se mobilise aujourd'hui de la violence de la police et de son impunité. »
Les animateurs commentent une vidéo, non sourcée, où un policier lancerait une bouteille vers des lycéens, et un élu qui se présente comme député européen insoumis, qu'ils identifient comme Anthony Smith, lui demande pourquoi. Pour le stream, le geste vise à provoquer une riposte qui justifiera ensuite la charge. Ils y voient une méthode répandue de gestion des mouvements sociaux, pas un cas isolé.
« Et en plus il crée les conditions que lui et ses potes puissent les raid parce que ça va les ça va les énerver. Genre, c'est c'est vraiment le le truc de de créer les conditions du débordement et de et de la violence quoi. »
L'animateur répond aux deux lectures qu'il récuse : celle des médias, qui voient dans les affrontements la nature du mouvement, et celle d'une partie de la gauche, qui y voit le début d'une insurrection organisée. Pour lui, les lycéens réagissent le plus souvent à une provocation. Il dit ne pas porter de jugement de valeur sur une insurrection, simplement ne pas en voir.
« je ne suis pas persuadé que le premier objectif du mouvement lycéen soit de s'affronter avec la police. Je pense que très souvent, même s'il doit y avoir des cadeaux, très souvent, ils sont provoqué et ils répondent à la violence de la police quand il y a des trucs. »
Les animateurs exposent ce qu'ils présentent comme la position de Jean-Luc Mélenchon : sur ce terrain, un mouvement n'a que des coups à prendre et des militants à perdre. La police est mieux armée, elle reste impunie, et les médias la défendront. Le rapport de force n'est donc jamais équilibré. C'est leur résumé de sa position, pas une citation de lui.
« En réalité lui son analyse c'est que de fait aujourd'hui les situations violentes finissent toujours par servir le puissant. »
L'animateur dit avoir regardé beaucoup de prises de parole lycéennes : on y trouve des appels au calme, des jeunes qui filment les policiers, des discussions très différentes. Selon lui, le mouvement est plus divers que ne le disent les médias, et que ne le voudrait la gauche radicale. Il refuse pourtant de « jeter sous le bus » ceux qui affrontent la police.
« j'ai l'impression que les lycéens se sentent un peu dépossédés de leur mouvement à cause des médias qui font un focus uniquement sur ça. »
À partir d'une vidéo tournée dans un fast-food où des jeunes se sont réfugiés, les animateurs reconnaissent dans l'un des intervenants un policier en civil en tenue de manifestant. Ils refusent le raccourci selon lequel les casseurs seraient tous des policiers. Ils demandent que les forces de l'ordre répondent de cette pratique comme de toute méthode de maintien de l'ordre.
« pour moi, dénoncer le ce mode d'organisation de la police et cette fonction de la police, de créer de la confusion et de créer de la violence par l'intérieur et cetera, pour moi, c'est un truc qui est important à faire aussi, quoi. Et c'est pas être complotiste »
L'un des animateurs répond à ceux qui, à gauche, reprochent aux insoumis de trop condamner les violences. La France insoumise est le parti que les plateaux interrogent en permanence sur le sujet, et elle n'a pas le choix de se taire. Le gouvernement l'accuse au même moment d'attiser le mouvement.
« la France insoumise est le parti qui est écouté médiatiquement et qui est sommé de répondre en permanence. c'est que c'est pas la FI qui se place en commissaire des manifes, c'est que on les oblige médiatiquement, en permanence à répondre et à se placer sur ce sujet-là. »
Pour les animateurs, la provocation policière a un but médiatique. Plus il y a de scènes violentes, plus elles occupent l'antenne, et moins on voit le reste du mouvement : les rires, les chants, les revendications. Sous les vidéos de lycéens, ils relèvent le commentaire qui revient le plus souvent : « ce que les médias ne montrent pas ».
« Le but c'est que la part de d'actions qui peuvent choquer les gens soit de plus en plus grande et qu'elle pourrissent l'espace médiatique pour empêcher les gens de voir autre chose quoi. »
Les animateurs passent des vidéos plus légères : des lycéens qui chahutent les policiers, couvrent les sommations de rires et d'acclamations. Ils y voient une autre manière de tenir tête aux forces de l'ordre, moins diffusée parce qu'elle ne fait pas d'images de violence. Le ton est à la plaisanterie, l'argument est sérieux.
« Et surtout que même en terme d'affrontement avec la police, on imagine toujours la violence et cetera. Alors que il y a d'autres manières de le faire. Par exemple, ça pour moi ça tourne moins dans les médias. »
Les animateurs recensent les blessures déjà rapportées : des lycéens touchés à l'œil, un autre à la mâchoire. Au-delà de l'image du mouvement, ils s'inquiètent de la suite. Le lendemain, 5 octobre, un lycéen de 15 ans a perdu une main près d'un lycée de Lens. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a suspendu deux jours plus tard l'usage des grenades assourdissantes pour les mobilisations lycéennes.
« Genre quel niveau de violence et quel incident va y avoir genre le premier gosse qui va mourir genre enfin vraiment genre c'est genre qu'est-ce qui va se passer. »
Les animateurs commentent l'extrait d'un policier interrogé à la télévision, qui juge qu'un croche-pied fait à une collègue justifie largement qu'un enfant perde un œil. Ils lui opposent sa propre mission : maîtriser un adolescent sans le mutiler, c'est le savoir-faire attendu d'un professionnel. Même pour qui veut qu'un lanceur de pierres soit arrêté, la réponse prévue est la garde à vue, pas la blessure.
« Ton honneur, c'est de pouvoir maîtriser un gosse qui a fait ça sans l'éborgner en fait. Genre c'est c'est ce que tu es censé savoir faire, c'est censé être même ta fierté »
Le conseil s'adresse aux spectateurs qui font campagne et ne savent pas comment parler des violences à des proches moins à gauche. Inutile, selon l'animateur, de leur expliquer l'autonomie ou la stratégie de l'affrontement. Il faut d'abord leur montrer le niveau de violence de la police, ce qu'ils ignorent le plus souvent.
« ce que les gens doivent savoir en premier lieu avant de leur expliquer les moyens de lutte violents de la gauche radicale, c'est de leur expliquer le niveau de violence de la police. C'est ça qui c'est ça qui est urgent, quoi. »
Le stream diffuse une vidéo où des lycéens reprochent à une équipe de télévision de ne filmer que les poubelles brûlées, et attribuent les dégradations à des personnes extérieures. Les animateurs y voient un effet de cette couverture : elle oppose les élèves qui veulent un blocus calme à ceux qui sont plus remontés. Le mouvement se divise de l'intérieur pendant que les images servent ailleurs.
« parce qu'ils arrivent à créer du ressentiment entre des élèves un peu plus organisés gauche radical qui font des trucs comme ça ou pas gauche radical d'ailleurs mais qui sont un peu plus énervé et des élèves un peu plus calmes et du coup ça les divise eux et en plus ça fait de la propagande nationale »
Sur une vidéo, un policier frappe un petit feu dans l'herbe sèche et l'étale au lieu de l'éteindre. L'un des animateurs en fait une image de l'action policière dans les conflits sociaux. L'autre lui oppose, en riant, que beaucoup de gens auraient fait la même erreur.
« est-ce que c'est pas juste l'image la plus symbolique de la de l'action de la police en fait et de qu'est-ce que fait la police quand il y a des problèmes sociaux que fait la police quand il y a des conflits, des trucs comme ça ? Bah ils étendent le feu. »
Les animateurs lisent un message de l'essayiste Tatiana Ventôse, qui voit dans le mouvement le prélude d'une révolution de couleur, ces soulèvements qu'auraient encouragés des services étrangers. Elle y relaie aussi un commentateur américain, Alex Jones selon eux, qui parle de guerre civile raciale en France. Le stream y lit une panique d'extrême droite. Nous n'avons pas retrouvé ces messages.
« C'est la panique d'extrême droite de base quoi qu'il y a en ce moment. Et tu vois qu'Alex Jones, c'est ça, une guerre civile antiblanc basée sur la race, tu vois. »
Le stream lit un message du média Contre Attaque. Le Café pédagogique confirme l'essentiel le 6 octobre : Nathanaël Combary, qui préside Renouveau lycéen, n'est plus lycéen et participe à la campagne de Gabriel Attal. Il a été stagiaire chez la députée Julie Delpech et chez Minerva, agence présidée par Louis Jublin, conseiller d'Attal. Son vice-président est membre de LR. Le titre sur l'argent public vise un autre syndicat, Avenir lycéen, financé par le ministère en 2019.
« le nouveau chouchou des médias pour représenter les lycéens n'est pas lycéen. »