BLOCUS LYCÉEN : FAUT-IL CONDAMNER LES FEUX DE POUBELLES ?
Chronique d'une heure de la chaîne militante PaduTeam, publiée le 6 octobre 2026, jour de mobilisation lycéenne et étudiante, par deux de ses animateurs, Zoé et Chris. Leur thèse tient dans le titre : la question « condamnez-vous les violences ? » est un piège qui détourne le débat des revendications des lycéens. La vidéo commente des extraits que rien ne distingue dans la transcription : une enseignante invitée de l'émission « C ce soir », un jeune militant prenant la parole place de la République, le syndicaliste Olivier Mateu (CGT des Bouches-du-Rhône), et un plateau de Frédéric Taddeï de 2014 avec Mathieu Burnel. Ces extraits ne sont jamais la position de la chaîne. La dernière partie revient, de l'intérieur, sur les stratégies d'affrontement avec la police à l'extrême gauche, dont les animateurs font la critique. Le ton est familier ; seule l'argumentation de fond est retenue ici.
Ouverture de la chronique. Plutôt que de répondre à la question qui tourne sur les plateaux, Chris récuse le mot lui-même : à ses yeux, il range sous la même étiquette un lycée en feu et ce qui n'est jamais appelé violence, l'exploitation au travail. Sa conclusion : débattre de la légitimité de la violence, c'est déjà accepter le cadre de ceux qui la posent.
« moi je vais condamner autre chose. Je vais condamner même le terme de violence. […] L'exploitation, la domination de comment dire d'une petite partie sur la majorité en fait n'est pas forcément tu vois toujours une violence. Et elle le sait la bourgeoisie quand elle va montrer un lycée qui brûle »
Chris soutient que tous les blocus commencent dans le calme et que l'affrontement arrive avec les forces de l'ordre. Il compare aux premiers ronds-points des Gilets jaunes, tenus tant qu'ils n'étaient pas évacués. C'est la thèse que Besancenot défendait sur BFMTV le 29 septembre : le choix de poster la police devant les lycées produit l'affrontement.
« Tous les mouvements démarrent littéralement dans le calme. Tous les mouvements les mar disent voilà nous on a un lieu à nous c'est un lycée, on va le bloquer pour demander nos revendications. Je vous le dis hein, si demain il y a plus de police, les blocages tiennent 2 mois. »
Le passage le plus construit de l'ouverture. Chris décrit l'effet d'une image d'affrontement sur qui la regarde : non pas l'envie de rejoindre la lutte, mais celle de séparer les gens et de rétablir l'ordre. Le spectacle de la violence sert donc, selon lui, à casser le soutien au mouvement, et sa mise en scène va de la police aux médias.
« quand tu vois des immeubles en feu et des gens qui se jettent des cailloux ou qui se battent, oui, ça crée un affect réactionnaire d'en finir, tu vois, de de dire stop, il faut de l'ordre. […] Donc ça c'est un dispositif de spectacle du pouvoir pour pouvoir comment dire faire en sorte de casser le soutien. Voilà donc la violence elle est produite par la police, elle est mise en scène par les médias »
En annonçant l'extrait de 2014, Zoé rappelle que Rémi Fraisse avait été « tué par la police » à Sivens. Le militant de 21 ans est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 sur le chantier du barrage, dans le Tarn, tué par une grenade offensive lancée par un gendarme mobile. La gendarmerie relevait du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, sous la présidence de François Hollande. Le mot « police » est impropre, le reste exact. Le gendarme a bénéficié d'un non-lieu, confirmé par la Cour de cassation le 23 mars 2021.
Commentant l'extrait de « C ce soir », les animateurs défendent une jeune journaliste invitée tout en jugant sa réponse vouée à l'échec : rappeler que les révolutions ont été violentes ou que l'État l'est aussi revient à accepter le terrain choisi par le plateau. Ils comparent la question à l'opposition entre terroriste et résistant, affaire de point de vue qu'on ne gagne jamais.
« si tu refuses pas ce débat là, tu es obligé d'aller vers ça, de je dire qui est vraiment violent. Est-ce que les révolutions se sont pas faites aussi avec un peu de violence ? Tu vois, tu es obligé et quand tu t'enfermes là-dedans, tu as perdu d'avance, quoi. C'est vraiment on t'a on t'a mis dans un coin du ring et tu vas prendre des coups. »
Parler de bavure suppose une bonne pratique dont la police se serait écartée. Les animateurs soutiennent l'inverse : le maintien de l'ordre est organisé pour réprimer tout débordement du cadre fixé par la préfecture, et l'image qui en sort sert à déplacer le débat de la légitimité des revendications vers celle de la violence. C'est une thèse politique, pas une vérification.
« balancer comment dire des lacrimaux à bout portant ce genre de truc ce ne sont même pas des bavures. C'est que si c'est c'était des bavures et qu'on parle de police républicaine je sais pas quoi, ce serait genre un écart à une bonne pratique à une bonne légitimité de la police. La police est là pour ça, pour faire dégénérer le truc »
La critique vise aussi le camp que la chaîne soutient. Répondre à la question de la violence lycéenne par celle des policiers reste, selon les animateurs, une manière de jouer sur le terrain adverse : on perd de vue ce qui a fait bloquer les lycées, une crise néolibérale et un manque de moyens, au profit d'un échange d'accusations.
« Et tu vois même des fois les les insoumis tombent dans l'extrême inverse. Alors ils essayent de se débrouiller et cetera, ils essayent de ramener les trucs mais ils vont revenir sur ah mais regardez les policiers violents et cetera. »
Les animateurs récusent une autre formule du plateau, celle de lycéens qui chercheraient à se faire écouter. Un gouvernement qui veut réduire la dépense publique n'accordera pas un investissement massif dans l'école parce qu'on le lui explique. La question devient donc celle du rapport de force nécessaire pour le faire reculer.
« Il y a aucun monde où un gouvernement macroniste néolibéral ne va écouter des lycéens qui disent "On veut de l'investissement public massif avec des possibilités de d'étudier dans de bonnes conditions." Ça n'existe pas. Ne vont pas vous écouter. Éventuellement ce qu'ils peuvent faire c'est céder. ce n'est pas la même chose. »
L'enseignante invitée de « C ce soir » dit apprendre à ses élèves que l'exercice démocratique n'est pas un rapport de force. Zoé y voit une position de classe : entre un patron et son salarié, les intérêts divergent, et ce n'est pas la discussion mais la menace d'arrêter le travail qui fait bouger les salaires.
« Le patron et son employé n'ont pas le même intérêt. Le patron a intérêt à tirer le plus de plus-value possible du travail de son salarié et de le payer le moins possible en retour […] Et ça ne se passe pas par de la discussion calme, ça se passe par du rapport de force. »
Les animateurs précisent eux-mêmes leur calcul : deux quinquennats, plus celui de Hollande. Emmanuel Macron a été secrétaire général adjoint de l'Élysée de mai 2012 à juillet 2014, puis ministre de l'Économie d'août 2014 à août 2016, avant d'être élu président en mai 2017. Cela fait quatorze ans en octobre 2026, avec une interruption d'un an entre 2016 et 2017. L'arrondi est de tribune ; le fond, qu'il connaît l'état de l'Éducation nationale depuis longtemps, tient.
« ça fait 15 ans que Macron est au pouvoir. D'accord ? Parce qu'on compte ces deux quinquenaas plus le quinquena Hollande où il était dans les arcanes de l'Élysée puis ministre de l'économie quand même. Macron est au courant que ça va mal dans l'éducation nationale. »
Pour la chronique, le consensus n'est possible qu'en période de croissance ; le macronisme serait un mode de gestion de la pénurie, assumé comme tel. Les gens ne tiennent plus parce qu'ils espèrent mieux mais parce qu'on leur répète que ce pourrait être pire, avec les extrêmes. C'est l'un des mécanismes que la vidéo cherche à nommer.
« Les gens tiennent non pas parce qu'ils se disent que ça va être peut-être mieux, ils en sont résignés de ça. Ils tiennent parce qu'ils se disent et on leur explique ça pourrait être pire, ça pourrait être les extrêmes, ça pourrait être c, ça pourrait être ça, et cetera. »
Après les législatives de juillet 2024, le Nouveau Front populaire est arrivé en tête en sièges sans majorité absolue. Emmanuel Macron a écarté sa candidate, Lucie Castets, et nommé Michel Barnier le 5 septembre 2024. Rien ne l'obligeait juridiquement à choisir dans le bloc arrivé en tête : c'est un choix politique, que la chronique conteste.
« Il y a littéralement eu une élection il y a 2 ans et le type refuse de mettre un premier ministre de la première couleur qui est arrivé à l'assemblée. »
Chris généralise à partir de l'invitée. On aurait donné aux enseignants le rôle de garants de la démocratie, de la citoyenneté et de la laïcité tout en dégradant leurs salaires et leurs conditions de travail. En temps de crise, cela pousserait une partie d'entre eux à prendre le parti de l'ordre contre leurs élèves. Les animateurs invitent les autres à contester ce discours dans leur salle des professeurs.
« On leur a donné cette espèce de capital symbolique en leur enlevant tout capital, je parle comme bourdieux mais bon peu importe mais en leur enlevant tout capital économique et matériel parce que leurs pensions euh les moyens dans lesquels ils travaillent sont merdiques mais on leur a fabriqué vous êtes les garants de la démocratie, de la citoyenneté, de la laïcité »
L'enseignante enchaîne les images de poubelles et de lycées en feu, puis invoque un lycée Nelson-Mandela incendié et les juge « insupportables » visuellement. Les animateurs relèvent qu'elle place elle-même le débat sur l'esthétique et non sur le fond, et ironisent sur l'appel à Mandela, qui n'a pas renoncé à la lutte armée contre l'apartheid.
« Tu as vu le en plus le truc poubelle qui brûle au départ tu sens que ça aura pas créer un affect [rires] fondamental. Tu vois le truc c'est ah la poubelle en feu c'est pas suffisant. Ah je vais parler du lycée en feu [rires] et après je vais prendre Nelson Mandela. »
Autocritique de la chronique. Esthétiser les images de feu et d'émeute, à gauche aussi, détache la lutte de ses revendications : le fait politique n'est pas qu'on brûle des choses, mais qu'on demande les moyens d'éduquer correctement les enfants. Ils citent le film Athena comme exemple d'images qui se croient de gauche et servent ensuite à condamner sur les plateaux.
« Exactement. On a aujourd'hui trop fabriqué depuis 20 ans l'esthétique de la lutte et du conflit sans le conflit. Et cette esthétique, c'est l'esthétique qui nous empêche, c'est celle qui leur sert à condamner. »
L'enseignante dit que les images de feu effacent le message des lycéens, qu'elle soutient. Les animateurs lui répondent que c'est en débattant de ces images, et non en les produisant, qu'on efface le message. Le seul conflit à porter selon eux est celui des moyens, et il faut le remettre au premier plan face aux caméras.
« et c'est faux hein qu'on comprenne bien notre propos la violence n'efface pas le message c'est ceux qui se mettent à débattre de ça c'est cette dame-là qui vient d'effacer le message en disant oui oui j'adore le message jusqu'au feu de poubelle »
Extrait diffusé dans la chronique : un jeune militant de Saint-Denis, présenté comme insoumis, prend la parole place de la République. Il reprend la première phrase du livre I de l'Histoire de la Révolution française de Michelet : « La convocation des États généraux de 1789 est l'ère véritable de la naissance du peuple. » Pour Chris, une génération devient sujet politique quand elle ne peut plus rien attendre, et le militant l'a dit « en une phrase ».
« les blocus qui ont eu lieu toute cette semaine et qui continueront toute l'année, je l'espère tant que les conditions ne changeront pas sont l'ère véritable de la naissance de la Gen Z en France. »
Suite de la même prise de parole. Le militant récuse l'idée qu'une partie de la jeunesse, de couleur ou de religion différente, serait redevable de quoi que ce soit. Les animateurs y voient le cœur du mouvement : une génération qui relie le genre, la race et la classe, ce qui rend à leurs yeux insignifiant le débat sur les poubelles.
« Oui, l'éducation est un droit. Oui, vivre dans des conditions dignes est un droit. Et non, on ne doit rien à personne parce qu'il n'y a pas de différence. Non parce qu'on a une autre couleur, non parce qu'on a une autre religion. On ne serait pas redevable de quoi que ce soit. Nous sommes français, point barre. »
Les animateurs relèvent que le militant parle de violence d'État et de racisme d'État sans faire de l'affrontement un but. Ils en tirent une répartition des rôles : c'est le pouvoir, les médias et les conservateurs qui ont besoin que la police tienne et que l'affrontement occupe la scène ; le mouvement, lui, vise plus large.
« il ne va pas dire "Ah, notre but ça va être d'affronter la police." Non, non, c'est le but de la police de les affronter eux. Le but de cette génération dont tu viens de parler de ce sujet collectif révolutionnaire est bien plus grand que d'affronter la police. C'est secondaire cette histoire d'affrontement avec la police. »
La chaîne se dit en campagne pour La France insoumise tout en réclamant une radicalisation de son programme, pour gagner et surtout pour gouverner ensuite. Une école, une santé et des logements dignes exigeront selon elle un rapport de force avec les banques, l'Union européenne et le patronat. Elle écarte aussi bien l'abstention de principe que l'élection comme fin en soi.
« vous savez nous qu'on est en soutien de la FI qu'on fait la campagne et tout et qu'on a des critiques à faire à leur ligne à leur programme et cetera […] ça va nécessiter un rapport de force avec le système bancaire, avec l'Union européenne, avec le patronat. ça va être très dur. Et donc les deux sont indissociables, élection et mouvement social. »
Zoé se défend de croire à des générations « bénies ». Ce qui distingue celle-ci, dit-elle, ce sont les conditions dans lesquelles elle grandit : la sienne a commencé à militer avec le CPE, après les révoltes de 2005 et le référendum européen, quand la crise montait encore. Celle d'aujourd'hui arrive à l'âge adulte en pleine crise et en tire le sérieux de ceux qui n'ont pas le choix.
« je pense par contre qu'il y a des générations qui grandissent à un moment particulier de l'histoire dans des conditions matérielles, historiques, particulières et que cette génération cette génération là est la génération qui n'a pas d'autre choix. Elle n'a pas d'autre choix que d'abattre le néolibéralisme. »
Après un extrait d'Olivier Mateu, de la CGT des Bouches-du-Rhône, la chronique relève ce qui fait selon elle la singularité du mouvement. Les grandes mobilisations des vingt dernières années, du CPE aux retraites, défendaient un acquis contre une réforme. Les lycéens de 2026 ont fait leur rentrée, jugé leurs conditions d'étude intenables et réclament davantage : une lutte offensive, pas défensive.
« Les lycéens ne sont pas là. ne se battent pas pour ne pas perdre quelque chose. Vous avez vu là, les lycéens ne bloquent pas leur lycée parce qu'il y a une réforme en cours à laquelle ils s'opposent. Ils ont fait la rentrée, ils se sont dit "Ce n'est plus possible ces conditions d'enseignement, on se bat pour gagner mieux et pas on se bat pour perdre moins." »
Le syndicaliste promet de faire payer « chaque coup de matraque » porté aux lycéens et parle de « nos enfants ». Les animateurs soulignent qu'il ne dit pas que les lycéens ont raison de brûler leur lycée : il refuse qu'on frappe des enfants qui se battent pour une cause juste, et assigne aux adultes une tâche complémentaire, sans paternalisme.
« Et nous n'acceptons pas nous n'acceptons pas qu'on tape sur nos enfants qui se battent pour une cause légitime. C'est la seule chose à dire. Il a pas dit les lycéens ils sont légitimes à cramer leur lycée tout. Ce n'est pas la question. »
Le contrat première embauche, créé par la loi pour l'égalité des chances de mars 2006 sous le gouvernement Villepin, permettait de rompre sans motif, pendant deux ans, le contrat d'un salarié de moins de 26 ans. Après deux mois de mobilisation étudiante, lycéenne et syndicale, il a été retiré le 10 avril 2006. Zoé, qui dit avoir commencé à militer lycéenne à cette occasion, le cite comme l'exemple d'une lutte pour « ne pas perdre ».
« mon début dans le militantisme ça a été le CPE il y a il y a pile 20 ans en 2006 où j'étais lycéen moi à l'époque et où il y avait eu une énorme énorme mobilisation une mobilisation qui n'était pas pour gagner quelque chose mais pour ne pas perdre quelque chose »
Retour sur un plateau de Frédéric Taddeï où Mathieu Burnel annonçait en 2014 l'heure de l'insurrection. Zoé y voit un courant autonome dit « appelliste », dont les livres (L'Insurrection qui vient en 2007, À nos amis en 2014, Maintenant en 2017) feraient de l'affrontement avec la police une fin, sans jamais dire pour quoi l'on se bat. Douze ans plus tard, elle juge le bilan mauvais.
« l'insurrection qui vient que comme à nos amis ce sont vraiment pour moi des pensées politiques qui à l'époque étaient des pensées de l'impuissance politique c'estàdire C'està dire, tu prends acte du fait que de toute façon, tu ne vas pas pouvoir porter une société meilleure »
Le passage le plus construit de la fin. Zoé reproche à ce courant d'avoir conclu qu'il n'était plus nécessaire d'organiser le travail, puisque l'usine et l'ouvrier masculin ne sont plus la réalité de la classe, et de prôner la désertion et les petits lieux alternatifs. Or ceux qui peuvent déserter appartiennent à une classe précise : les femmes qui font le ménage dans les bureaux n'en auront jamais la possibilité.
« ce ne sont qu'une classe particulière de gens qui ont accès à cette possibilité de déserter. Vous imaginez bien ? et que les meufs qui se lèvent à 5h30 du matin, qui vivent en lointaine banlieue qui vont aller garder les enfants de la bourgeoisie, nettoyer les bureaux et cetera, faire le ménage dans des hôtels où elles sont sous-payées, tout ça, évidemment que ces meufs-là n'auront jamais accès à ces petits îlots de bonheur »
Autocritique de Chris, qui se range parmi les militants « trop bavards » et « trop blancs ». Vingt ans de théorie de l'affrontement, jusqu'au black bloc, ont selon lui ignoré que les jeunes racisés subissent la police au quotidien et cherchent à l'éviter. Il voit dans la jeunesse mobilisée aujourd'hui, plus racisée et plus issue des banlieues, la fin de ce décalage.
« c'est le black block et tout. C'est un échec et c'est aussi un échec de, je vais le dire un peu d'une tension raciale. C'est ça reste quand même des blancs qui s'amusaient à affronter la police pendant que des jeunes racisés eux de banlieue essayaient de l'éviter en fait dans leur quotidien. »