Blast — « Macron ne quittera pas le pouvoir en 2027 » (Dissolution)
Avant-dernier épisode de l'émission satirique « Dissolution » de Blast. Sous une forme très ironique (extraits d'auditions, sketchs, chansons), la thèse de fond — à lire au premier degré — est que Macron a verrouillé les institutions de contrôle en y plaçant ses proches (Défenseur des droits, Conseil constitutionnel, Conseil d'État, Cour des comptes, ARCOM) avec des mandats dépassant le sien, contraignant surtout une future gauche de rupture. La vidéo intègre l'audition de François-Noël Buffet, nouveau Défenseur des droits, décryptée à charge.
Blast dénonce la nomination de François-Noël Buffet, sénateur conservateur et ex-ministre, comme Défenseur des droits (21 juillet 2026), faute d'opposition aux 3/5e. Le décryptage rappelle son opposition au mariage pour tous, son combat contre l'aide médicale d'État et son abstention sur la constitutionnalisation de l'IVG.
« Macron place à la tête d'une des autorités les plus symboliques un homme de droite, ennemi des droits et du droit comme protection des vulnérables. »
Blast analyse les réponses de Buffet comme la promesse de défendre les droits déjà acquis (IVG, mariage pour tous) sans jamais en proposer de nouveaux, ignorant le pouvoir de proposition que lui donne la loi organique de 2011. Un « cliquet perverti » où le droit ne peut que reculer.
« C'est un cliquet perverti. Le droit peut reculer mais ne pourra plus avancer. »
Le Défenseur des droits est, depuis 2022, l'autorité centrale pour les lanceurs d'alerte et décide de ce qui est publié sur les forces de l'ordre. Blast avertit qu'un titulaire acquis au pouvoir pourrait, sans rien interdire, tarir les statistiques de violences policières en n'ouvrant pas les dossiers.
« Il lui suffira de ne pas ouvrir les dossiers, de ne pas publier les chiffres et de ne pas accorder les protections. »
Thèse centrale : en 18 mois, Macron aurait placé ses alliés à la tête de cinq institutions — Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, Marc Guillaume au Conseil d'État, Martin Ajdari à l'ARCOM, François-Noël Buffet à la Défenseure des droits — avec des mandats courant jusqu'en 2031-2034, bien au-delà du sien.
« Mis à la tête des institutions de contrôle ceux que ces institutions contrôlaient avant. C'est engager des gangsters pour faire la police. »
Blast soutient que le Conseil constitutionnel censurerait toute taxe Zucman, ISF climatique ou taxe sur les superprofits au nom d'un « plafond confiscatoire » qu'il aurait fabriqué à partir de l'article 13 de la Déclaration de 1789 — lequel, en imposant une contribution « en raison de leurs facultés », commande en réalité la progressivité (l'argument inverse).
« C'est un plafond fabriqué de toutes pièces par le Conseil. »
Présidé par Marc Guillaume (ex-secrétaire général du gouvernement macroniste, puis préfet), le Conseil d'État rend un avis sur chaque projet de loi et juge les décrets — pouvant suspendre en référé un encadrement des loyers ou une nationalisation. Blast le décrit, avec le Conseil peuplé d'ex-fonctionnaires de l'Intérieur (« les sbires de Darmanin »), comme une censure qui n'a pas besoin de censurer.
« La censure la plus efficace évite de censurer. Elle retire le texte avant la fin. »
Blast pointe qu'Amélie de Montchalin, ex-ministre des Comptes publics qui construisait les budgets, en contrôle désormais l'exécution à la Cour des comptes et préside le Haut Conseil des finances publiques. Un « pouvoir de description » qui fabriquera des chiffres relayés par les médias pour juger crédible ou non la politique d'un futur gouvernement.
« Elle note sa propre copie. »
Point clé du décryptage : le verrou institutionnel serait « ferme » sur l'économie mais « liquide » sur le régalien — entravant une gauche de rupture (les « sanguinaires insoumis ») tout en offrant au RN un alibi pour son virage libéral (imputer l'austérité aux macronistes) et un récit « anti-système » sur l'immigration. La gauche, elle, n'aurait aucune de ces deux armes.
« Le verrou est très ferme sur l'économie mais souple voire liquide sur le régalien. Exactement ce dont le RN a besoin pour aboutir son virage libéral. »
Blast rappelle que, sur la loi immigration, le Conseil constitutionnel avait censuré les mesures de la droite et du RN pour des raisons de procédure (cavaliers législatifs) — sans jamais trancher sur le fond la préférence nationale, laissant la porte à une réintroduction « dans les formes ».
« La préférence nationale n'a jamais été jugée. »
Blast projette qu'un éventuel retour de Macron en 2032 (il aurait 54 ans) se ferait devant les trois institutions qui encadrent une présidentielle — Conseil constitutionnel (Ferrand), commission de campagne (Guillaume, Montchalin) et CNCCFP — toutes tenues par ses nominés, la Cour des comptes de Montchalin étant même son meilleur atout pour discréditer les bilans post-2027.
« S'il se représente en 2032, Emmanuel Macron affrontera des arbitres qu'il a désignés. »
Sur un registre plus grave, Blast relaie l'alerte de collectifs antivalidistes autour de la loi Fin de vie : sans dire la loi mauvaise, ils craignent qu'un sous-financement de l'accompagnement ne transforme la mort en « sortie de secours la moins chère » (à l'image de l'Oregon, où les motifs invoqués tiennent à la perte d'autonomie et à la peur d'être un fardeau, non à la douleur).
« Offrir la mort à qui on n'a jamais offert les moyens de vivre. »