PaduTeam — « Roussel 2027 : taper sur LFI et rassurer la police » (revue du congrès du PCF)
Revue à charge du congrès du Parti communiste français par deux animateurs de la chaîne communiste PaduTeam (Zoé et Chris). Ton très vulgaire et sarcastique, avec de nombreuses insultes personnelles (notamment envers la sénatrice Cécile Cukierman) qui ne sont pas reprises ici : seule la critique politique de fond est retenue. Deux axes, annoncés par le titre : le PCF inscrirait dans son texte d'orientation une critique de la gauche « flirtant avec l'antisémitisme » (visant LFI), et refuserait au congrès des amendements condamnant les violences policières et la BRAV-M.
Cœur du reproche : au congrès, le PCF a maintenu dans son texte d'orientation — future plateforme de la candidature Roussel 2027 — une formule affirmant qu'« à gauche » certains flirteraient avec le racisme, le communautarisme et l'antisémitisme. Les animateurs y voient une reprise des calomnies de l'extrême droite contre La France insoumise, un amendement pour retirer les mots « antisémitisme » et « racisme » ayant été rejeté. Ils relèvent que même Place publique aurait trouvé la formule excessive.
« Ils veulent inscrire dans leur texte le fait d'aboyer avec les loups contre la France insoumise qui serait raciste et antisémite. »
Pour les animateurs, cette formule reprend l'instrumentalisation de l'accusation d'antisémitisme pour criminaliser le soutien à la Palestine, et renie l'histoire du PCF — qu'ils présentent comme l'une des forces historiquement les moins antisémites et engagée de longue date auprès des Palestiniens. Ils y voient une trahison de plusieurs décennies d'engagement.
« On le sait très bien, l'antisémitisme est instrumentalisé. »
Second axe : au congrès, la direction (via la commission, dont la porte-parole est la sénatrice Cécile Cukierman) fait rejeter des amendements demandant la suppression de la BRAV-M, la reconnaissance du caractère répressif de la police et la mention du racisme systémique. L'avis « ne pas retenir » est suivi à plus de 67 %. Les animateurs y voient une incapacité de la direction à analyser la police comme un problème structurel.
« Nous sommes plutôt dans une définition de ce que doit être une police, mission régalienne qui doit assurer la sécurité de chacune. »
Les animateurs relient la ligne du PCF à la présence de Fabien Roussel à la manifestation policière de mai 2021, appelée par des syndicats dont Alliance Police Nationale, sous le mot d'ordre « le problème de la police, c'est la justice ». Une caution qu'ils jugent grave de la part d'un dirigeant de gauche, étant donnée l'identification de ce syndicat à l'extrême droite.
« Fabien Roussel s'était notamment pointé à une manif de flics en 2021 à l'appel de syndicats de flics, notamment Alliance Police Nationale. »
En introduction, les animateurs critiquent la loi instaurant une présomption de légitime défense pour la police (« permis de tuer »), votée selon eux par LR et le RN, qu'ils relient à la hausse des personnes tuées par la police et à la mort de Nahel. Ils rappellent que le premier dispositif remonte à 2016 (gouvernement socialiste de Bernard Cazeneuve) et diffusent la pétition citoyenne (plus de 500 000 signatures au moment du tournage).
« Une loi absolument catastrophique qui va permettre à la police de considérer que quand elle tire, on part du principe qu'elle est en état de légitime défense. »
Les animateurs développent une thèse structurelle : la police serait une institution historiquement orientée à droite et à l'extrême droite (ils avancent un vote massif pour Le Pen dans la police en 2022). Ils défendent une lecture radicale selon laquelle la police serait le problème plutôt que la solution, jusqu'à évoquer d'« en finir avec la police nationale ».
« Ce n'est pas la police qui s'extrême-droitise, c'est la société qui devient policière. »
Un des animateurs distingue la « fascisation » (radicalisation autoritaire de la bourgeoisie, réversible) du fascisme proprement dit (rupture avec les élections, syndicats et libertés). Il l'illustre par un Macron qui se renierait de ses valeurs libérales de 2017 à 2027, et fait de la construction d'une force communiste puissante le moyen d'empêcher le basculement.
« Là, on est dans la fascisation : une bourgeoisie et un espace du centre qui se radicalise sur les thèses de l'autoritarisme. »