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On lit l'HORRIBLE BD de RUFFIN (respectez la police monsieur)

▶️ Vidéo YouTubeMédiaZawa Prod17 mai 2026

Stream de réaction de 66 minutes diffusé le 17 mai, dix jours après la parution de l'album : les deux animateurs lisent « Picardie Splendor » planche par planche, à voix haute, en commentant par-dessus. Le ton est un sarcasme continu et la critique vient de la gauche de Ruffin — les formules d'apparente admiration y sont ironiques. ⚠️ Ils se répartissent les rôles des personnages, dont celui de Ruffin : le texte de la bande dessinée est donc dans le transcript sans aucune marque qui le distingue de leur commentaire. Les insights ne citent que leur propre parole ; ce que dit l'album est restitué dans les corps et attribué à l'album, et un passage dont l'attribution restait douteuse n'est pas cité du tout. Une des deux voix est autrice de bande dessinée, ce qui donne à cette lecture son angle propre : le découpage, le trait et la colorisation y sont examinés autant que les dialogues. « Picardie Splendor » est co-scénarisé par François Ruffin et Laurent Galandon, mis en images par onze dessinateurs et colorisé par le studio Makma (Les Arènes, mai 2026).

24 analyses
⚔️ CritiqueAnalyse IA
Le stream ferme d'entrée la porte de sortie « c'est les dessinateurs » : selon lui, Ruffin fournit jusqu'au découpage et aux bulles
→ Visé :Debout !François Ruffin

L'objection est posée avant les planches contestées et vaut pour tout ce qui suit. Ce qui est établi : « Picardie Splendor » est co-scénarisé par François Ruffin et Laurent Galandon, mis en images par onze dessinateurs et colorisé par le studio Makma (Les Arènes, mai 2026). Le degré de contrôle décrit ici — découpage et contenu des bulles fournis, les dessinateurs n'ayant plus qu'à illustrer — est en revanche l'appréciation des animateurs, et n'est pas documenté publiquement. Ils relèvent au passage que l'album se réclame d'« American Splendor », où Harvey Pekar était un employé ordinaire mis en images par Robert Crumb : une position d'auteur que Ruffin, co-scénariste et personnage principal, n'occupe pas.

« on va beaucoup se moquer du découpage des bulles, du fait qu'il y a beaucoup trop de texte, et on peut blâmer en grande partie Ruffin là-dessus puisque visiblement il micromanage énormément les dessinateurs »
🤝 Droits & égalitésActuaBD — « Picardie Splendor », la première BD co-scénarisée par François Ruffin ↗Les Arènes — Les aventures de François Ruffin, député-reporteur ↗
⚔️ CritiqueAnalyse IA
Le détail que les décryptages n'ont pas relevé : la passagère se fait les ongles pendant le contrôle, et le stream y lit un marqueur codé
→ Visé :Debout !François Ruffin

Dans la scène d'ouverture, la voyageuse sans billet valable se vernit les ongles, et continue de le faire pendant que le député paie à sa place. Les animateurs y voient moins un détail de décor qu'un signal social connu : la femme qui se fait les ongles dans le train est une figure de ras-le-bol dont ils disent qu'elle désigne toujours le même « type de meuf ». Le reproche ne porte pas sur le scénario mais sur ce que le décor fait dire au personnage avant qu'il ait parlé.

« Pour moi, ça, c'est un dog whistle, le vernis. […] c'est une méta, quand tu prends très souvent le train, de haïr le vernis dans le train parce que ça sent »
🤝 Droits & égalités
⚔️ CritiqueAnalyse IA
Les policiers de la case sont décrits comme racistes, et la scène se solde sans que le mot soit prononcé
→ Visé :Debout !François Ruffin

C'est la première pause que les animateurs marquent dans leur lecture. Ils décrivent une situation initiale explicite — des policiers montés « pour faire les gros bras », qui tutoient et manquent de respect à deux passagers racisés — et une sortie qui ne conteste rien de tout cela : le personnage de Ruffin règle les onze euros et le train repart. La bulle qu'il prononce à cet instant, « ce pays devient fou », est un commentaire sur l'absurdité de la somme, pas sur ce que les policiers viennent de faire.

« on voit qu'il y a les flics qui sont montés pour faire les gros bras, qui globalement sont racistes envers les deux personnes, qui les tutoient, qui sont en full disrespect — et Ruffin, il est en mode : ce n'est qu'une question d'argent, je vais tout régler avec de l'argent »
🤝 Droits & égalités
⚔️ CritiqueAnalyse IA
« Député reporter » : le stream conteste la vraisemblance des scènes que l'album présente comme vécues
→ Visé :Debout !François Ruffin

L'album se vend sous le sous-titre « les aventures de François Ruffin, député reporter », c'est-à-dire sur une promesse de reportage. Les animateurs contestent qu'un contrôleur immobilise un train pour onze euros et annoncent que l'écart entre la scène et le réel reviendra dans plusieurs des histoires. L'objection est de méthode : ce n'est pas la fiction qui est reprochée, c'est le bénéfice d'authenticité réclamé par un récit arrangé.

« je n'ai jamais vu des contrôleurs arrêter un train pour cette somme-là […] c'est censé être des histoires un peu authentiques, un peu romancées, mais tu dis : bon, à quel point il a déformé le truc pour que ça l'arrange ? »
🤝 Droits & égalités
💡 Idée-cléAnalyse IA
Le mécanisme de la scène : une échelle de responsabilité qui disculpe l'institution et laisse la passagère en tort
→ Visé :Debout !François Ruffin

C'est la lecture la plus construite du passage, et elle ne porte sur aucun des stéréotypes déjà relevés ailleurs : elle porte sur la distribution des rôles. La BD range les policiers du côté de la méchanceté, mais place le contrôleur — celui qui déclenche tout — du côté de l'agent qui fait son travail, et laisse à la passagère le seul trait de caractère négatif du trio. Un lecteur peut donc sortir de la scène en pensant avoir lu une dénonciation, sans qu'aucune institution y ait été mise en cause.

« dans la dynamique entre les personnages, le contrôleur, il ne fait que son travail. Il veut juste que le train redémarre. Les flics, ils sont quand même un peu méchants dans la gradation de la méchanceté. Le contrôleur, il est un peu innocent […] mais on a quand même une passagère qui a l'air un peu revêche »
🤝 Droits & égalités
⚔️ CritiqueAnalyse IA
Sur le passager arabe, la critique porte sur le trait lui-même : une silhouette de charmeur de serpent
→ Visé :Debout !François Ruffin

Le personnage qui s'interpose est dessiné avec un cou démesurément allongé et ondulant, que les animateurs comparent d'emblée à une figure de charmeur de serpent des Mille et Une Nuits. L'observation est d'une autre nature que celles portant sur le scénario : elle vise ce que le dessin ajoute au texte, sur un album où les décryptages ont surtout discuté les dialogues et les situations.

« le fait que le rebeu ça soit une sorte d'homme serpent, en mode mille et une nuits, que tu charmes avec une flûte — déjà un premier trope raciste, c'est très grave. Ensuite, elle qui est tout le temps vénère avec son vernis »
🤝 Droits & égalités
⚔️ CritiqueAnalyse IA
La colorisation aussi est mise en cause : les deux passagers racisés sont les seuls habillés en orange
→ Visé :Debout !François Ruffin

L'observation vient de la voix qui pratique la bande dessinée, et elle ne se trouve dans aucun des décryptages de l'album : ce n'est plus le scénario ni le trait mais le choix des teintes, qu'elle décrit comme l'un des premiers réglages d'un récit en images. Les deux personnages racisés de la scène portent l'orange, couleur d'uniforme carcéral, dans une séquence où des policiers les menacent de les faire descendre du train. Rien n'indique une intention, et la colorisation de l'album est signée par un studio — c'est précisément le point : le reproche vise une chaîne de fabrication qui ne s'est pas posé la question, pas une volonté.

« les deux ont la couleur des prisonniers […] Ils sont tous les deux en orange »
🤝 Droits & égalités
⚔️ CritiqueAnalyse IA
« Respectez la police » d'un côté, « respectez votre uniforme » de l'autre : le stream relève que l'obligation de la police n'est due qu'à elle-même
→ Visé :Debout !François Ruffin

C'est le passage qui donne son titre au stream, et la lecture qui en est faite ne porte pas sur l'injonction adressée au jeune homme mais sur celle adressée au policier. La scène distribue deux devoirs de respect : le passager doit respecter la police, le policier doit respecter son uniforme. La symétrie apparente cache donc une asymétrie complète — dans la case, rien n'est dû à la personne contrôlée. Les animateurs en tirent le bilan de la planche : le personnage sauve les deux passagers du poste, et sauve dans le même mouvement l'honneur de l'institution.

« la police ne doit pas respecter les usagers, ne doit pas respecter les citoyens, ne doit pas respecter la personne qu'il a en face de lui. Lui aussi doit respecter la beauté, la puissance et la grandeur de l'uniforme. »
🛡️ Sécurité & justice
💡 Idée-cléAnalyse IA
La morale politique tirée de la scène met sur le même plan l'abus de pouvoir et le fait de « mal parler » à la police
→ Visé :Debout !François RuffinMentionné :Rassemblement NationalJordan BardellaMarine Le Pen

La planche qui clôt l'histoire fait dire au personnage que le pire, en cas de victoire de Le Pen et Bardella, ne serait pas les décisions prises au sommet mais « les forces obscures » libérées dans le pays — sans que ces forces soient nommées, et sur une image où passagers racisés et figures d'autorité en viennent aux mains dans un décor de tranchées, le député debout entre les deux avec un drapeau blanc. Les animateurs y lisent une équidistance mise en dessin : deux torts qui s'alimentent, dont l'un est un abus de pouvoir et l'autre un ton.

« sa manière de se croire antiraciste, c'est qu'il met un signe égal entre des contrôleurs qui parfois ne respectent pas leur uniforme et abusent de leur pouvoir, et des noirs et des Arabes qui leur parlent mal […] le problème, c'est que les jeunes racisés sont méchants avec la police et que la police, ils sont un peu racistes, et du coup les deux s'engrainent »
🤝 Droits & égalités
💡 Idée-cléAnalyse IA
Le mécanisme qu'ils décrivent : un respect qui se prouve en disant aux gens de se taire face à la police
→ Visé :Debout !François RuffinMentionné :La France insoumise

Le passage vient après le bilan de la première histoire, et c'est le plus explicite de la séance sur la logique qu'ils prêtent à l'album. Les animateurs y voient un antiracisme de respectabilité — défendre des personnes racisées à condition qu'elles se tiennent — dont la preuve de considération est la franchise du reproche. La formule est une ventriloquie assumée : ils parlent à la place de Ruffin, en le disant, pour faire entendre le raisonnement plutôt que pour lui attribuer la phrase. Ils rangent ce discours du côté de l'antiracisme des années « Touche pas à mon pote ».

« tu sens que dans sa tête il a un truc de : moi, contrairement aux insoumis, je respecte tellement les noirs et les Arabes que je leur dis qu'ils parlent mal à la police. En fait, moi je les considère comme des vraies personnes. Et les considérer comme des vraies personnes, ça veut dire de se taire face à la police »
🤝 Droits & égalités
⚔️ CritiqueAnalyse IA
Face à « la France qu'on ne veut pas », la page positive de l'album ne montre qu'une diversité en spectacle
→ Visé :Debout !François RuffinMentionné :Parti socialiste

L'album oppose à sa scène de train une planche de « France qu'on a » : un spectacle de hip-hop où dansent des enfants de toutes les couleurs, des personnes en fauteuil et un danseur porteur de trisomie, devant un député ému. Les animateurs relèvent que la séquence ne porte aucune demande matérielle — rien sur les revenus, les ESAT ou l'accès aux soins — et rangent cet imaginaire du côté du Parti socialiste plutôt que d'une politique. La représentation y tient lieu de programme.

« il n'y a rien de plus PS que cette page-là. La France que tu aimes, c'est la France black-blanc-beur qui danse, avec même des handicapés. Mais qu'est-ce que ça raconte de la France ? »
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⚔️ CritiqueAnalyse IA
Relevé sur l'album entier : des blouses CGT dans les cases, mais le mot « syndicat » n'apparaît qu'à la page 60
→ Visé :Debout !François Ruffin

C'est l'observation que seule une lecture intégrale permet, et elle ne figure dans aucun décryptage de l'album : dans les planches d'entreprise, les salariés portent des tenues syndicales reconnaissables mais ne prennent jamais la parole au nom d'un syndicat. Les animateurs relèvent aussi une case où le sigle CGT est masqué derrière l'orateur. Ce qui reste est un rapport direct entre des individus et un élu — « Ruffin, le bureau des plaintes », dit l'un d'eux, l'autre parlant d'un suzerain qui vient recueillir les doléances.

« Faut attendre la page 60 pour que le mot syndicat soit écrit. Et partout, en fait, tu as des travailleurs qui ont des blouses de syndicat — tu reconnais les blouses CGT, c'est le coloris — et jamais ils prennent la parole en tant que syndicat. Ils sont toujours présentés en tant qu'individus qui ont des doléances à déposer auprès de François Ruffin. »
🛠️ Travail & retraites
⚔️ CritiqueAnalyse IA
Dans la planche des aides à domicile, l'échange des rôles avec le président ne dure que le temps d'inscrire une prime
→ Visé :Debout !François Ruffin

L'album imagine des aides à domicile prenant la place du président de la République : elles y resteraient quelques secondes, le temps de faire inscrire leur prime kilométrique dans la loi, puis retourneraient à leur métier. Les animateurs prolongent la scène en la disant à la place des personnages — une lutte qui ne peut être qu'individuelle et sectorielle, sans rien à dire sur la manière de gouverner. L'horizon prêté aux travailleuses s'arrête à leur propre condition.

« Elles, elles n'ont pas la velléité du pouvoir. Elles n'ont pas la velléité de faire quoi que ce soit d'autre. Elles sont aides à domicile et elles veulent y rester. »
🛠️ Travail & retraites
⚔️ CritiqueAnalyse IA
L'album obtient un rendez-vous avec le patron, puis ne montre pas le rendez-vous
→ Visé :Debout !François Ruffin

La planche consacrée aux salariées d'un prestataire d'aide à domicile s'achève sur une victoire — la direction accepte de recevoir, et le député emmène les salariées avec lui. La rencontre elle-même n'est pas dessinée : ce qu'y a dit l'employeur n'apparaît nulle part. Les animateurs y voient la conséquence directe de la construction du livre, où l'affrontement est remplacé par une médiation dont l'élu est le seul point de passage.

« le conflit de classe est complètement absent, tout comme leur appartenance à un syndicat est absente, puisque c'est Ruffin qui canalise le tout. Et du coup, on ne sait pas les trucs méprisants que le patron leur a dit »
🛠️ Travail & retraites
💡 Idée-cléAnalyse IA
Le relevé le plus net de la lecture intégrale : la seule histoire sans une seule bulle est aussi la seule où le député n'apparaît pas
→ Visé :Debout !François Ruffin

Une planche muette suit une femme de ménage qui se lève avant l'aube, enchaîne le bus puis le RER — c'est la seule de l'album sans dialogue, et la seule dont Ruffin est absent. Les animateurs en tirent une règle de composition qu'ils disent valoir pour tout le livre : la parole politique des personnages n'existe que passée par lui, et ce qu'ils disent d'eux-mêmes ne devient un propos qu'une fois reformulé.

« Le prolétariat est là, juste en train de vivre des choses aliénées, en incapacité de s'exprimer sur soi-même, sauf si Ruffin va les voir pour leur demander. Et là, il écoute le glou-boulga que dit un prolétaire, les mots qui sortent de sa bouche, et il les réorganise pour en faire une parole politique calme, apaisée et réconciliatrice. »
🛠️ Travail & retraites
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La planche du contrôleur SNCF lue comme une adresse à la gauche : un « fâché pas facho » à qui l'album laisse le dernier mot
→ Visé :Debout !François RuffinMentionné :Rassemblement NationalLa France insoumise

Le personnage décrit ses vingt ans de contrôle, énumère des nationalités, affirme que « 80 % de la fraude, ce sont des étrangers », dit ne pas voter Rassemblement national mais reprocher à la gauche de se taire sur l'immigration — et la planche s'arrête là. Les animateurs relèvent que le député présent dans la case ne répond rien, et lisent la planche entière comme un argument construit : le contrôleur est l'électeur « fâché pas facho » dont la parole tient lieu de démonstration. La même scène, chez d'autres commentateurs de l'album, est lue comme une absence d'objection ; ici, c'est sa fonction d'adresse qui est visée.

« là, il nous a fait une page de BD pour dire : la gauche, ils veulent pas prendre à bras le corps le problème de l'immigration »
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⚔️ CritiqueAnalyse IA
Sur la planche du « champ de coton », les deux voix du stream ne sont pas d'accord entre elles
→ Visé :Debout !François Ruffin

L'album raconte la rentrée parlementaire : des députés en costume servis par des agents racisés au comptoir de distribution des tablettes, et une comparaison avec les champs de coton. L'un des animateurs juge le constat recevable et dit qu'il l'aurait reçu sans réserve d'un autre auteur ; l'autre tient la métaphore pour disproportionnée et incohérente avec le reste de l'album. C'est le seul désaccord franc de la séance, et il porte sur la seule planche où l'album nomme une inégalité raciale.

« je trouve qu'être aveugle raciste 90 % du temps et d'un seul coup comparer les intérimaires aux esclaves, c'est trop chelou, et c'est un monde qui comprend pas les dynamiques du racisme »
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💡 Idée-cléAnalyse IA
Les deux seules cases de l'album où Ruffin s'adresse au lecteur servent à relativiser le constat racial qu'il vient de poser
→ Visé :Debout !François Ruffin

Après la comparaison avec les champs de coton, deux cases rompent le récit : le personnage dit être gêné de classer les gens en blancs et noirs, puis ajoute qu'en province les mêmes métiers sont occupés par des blancs, « ou au moins de façon plus mêlée ». Les animateurs relèvent que ce sont les seules cases où il parle directement au lecteur, et y voient une reprise en main : ce qui vient d'être nommé est aussitôt rendu universel. Ils en tirent une hypothèse sur l'ensemble du livre — un antiracisme qui concède volontiers une inégalité de structure, à condition de la circonscrire à Paris et au travail, mais qui ne reconnaît pas de racisme entre les personnes.

« c'est les seules cases dans toute la BD où il s'adresse directement au lecteur […] et j'ai l'impression que c'est un peu son truc pour s'excuser d'avoir un petit peu trop parlé de race et pour dire : non mais en fait, c'est plus universel que ça »
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💡 Idée-cléAnalyse IA
Contre les lectures qui rapprochent Ruffin de l'extrême droite, le stream soutient que l'album relève d'un racisme propre à la gauche
→ Visé :Debout !François RuffinMentionné :Parti socialisteRassemblement National

C'est l'apport de fond de cette lecture, et il prend le contre-pied des décryptages qui ont rapproché les sorties de Ruffin de la rhétorique du Rassemblement national. Les animateurs refusent le rapprochement — évoqué sur les réseaux jusqu'à la comparaison avec la gauche « rouge-brune » allemande — et situent l'album ailleurs : du côté d'un discours qu'ils rattachent au Parti socialiste et à l'antiracisme des années « Touche pas à mon pote », protecteur et hiérarchique. Leur argument est que le rapprochement avec l'extrême droite est confortable pour la gauche, parce qu'il la dispense d'examiner le sien.

« je trouve qu'il faut se méfier : on a trop tendance, quand il y a des racelards de gauche, à les relier à une manière d'être raciste de l'extrême droite, et du coup, pour moi, ça invisibilise le racisme bien de chez nous, bien de la gauche, bien paternaliste, bien touche-pas-à-mon-pote »
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⚔️ CritiqueAnalyse IA
Dans l'histoire de la crêperie, chaque refus raciste trouve son contrepoids : un couple, la police, la maire d'Amiens
→ Visé :Debout !François Ruffin

L'album raconte une sortie scolaire où un commerçant d'Amiens refuse de servir des mères voilées accompagnatrices. Le récit place aussitôt face à ce refus une série de secours : deux clientes prennent leur parti, la police leur répond correctement, la mairie convoque le commerçant. Les animateurs relèvent que l'agencement produit un message d'ensemble opposé à la scène qu'il raconte, et le rapportent au niveau réel de l'islamophobie — à commencer par la difficulté, en 2026, pour une mère voilée d'accompagner une sortie scolaire.

« il y a vraiment une intention de dire : regardez, le racisme existe, mais en vrai ça va. Je veux dire, peut-être qu'un serveur peut être raciste, mais il y aura ce couple à la table qui va vous défendre, la police va vous aider, la maire de droite d'Amiens va porter votre parole »
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⚔️ CritiqueAnalyse IA
La médiation organisée par le député se termine par les victimes rassurant le commerçant qui les avait refusées
→ Visé :Debout !François Ruffin

La scène est longue et les animateurs la lisent en entier. Le commerçant explique le refus par les jauges du Covid et la fatigue, raconte trois mois sans ouvrir sa boîte aux lettres et des nuits sans sommeil ; les femmes disent être soulagées d'entendre son côté, concluent qu'il ne s'agissait pas de racisme, et l'album se referme sur une gaufre offerte. Les animateurs ne contestent pas que l'épisode ait eu lieu : ils relèvent que la charge émotionnelle de la planche est déplacée sur celui qui a refusé de servir, et que la réparation prend la forme d'une absolution donnée par les personnes visées. Pas de citation ici : le passage alterne bulles lues à voix haute et commentaire ironique, sans marque dans le transcript.

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💡 Idée-cléAnalyse IA
La démonstration par la structure : l'album s'ouvre et se referme sur un malentendu raciste qui se dissipe
→ Visé :Debout !François Ruffin

C'est la conclusion que les animateurs tirent de l'album entier, et elle ne se voit qu'en le lisant en entier : l'histoire du train ouvre le livre, celle de la crêperie le referme, et les deux se résolvent par une explication qui dissout l'accusation. L'objection n'est pas qu'un quiproquo soit impossible dans un cas particulier, mais qu'un livre en fasse son schéma général. Le thème revient dans leur relevé de fin : personne n'y parle pour soi, et les personnes racisées y sont d'abord celles qui surréagissent.

« même si cette histoire-là individuellement a existé, quand tu la mets dans ta BD, que c'est le fil rouge de ta BD […] c'est vraiment la thèse de François Ruffin sur le racisme en France : combien de fois c'est juste des gens qui n'ont pas pris le temps de discuter »
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⚔️ CritiqueAnalyse IA
La dernière planche — « réparer le pays, pas le déchirer » — est lue comme une adresse à La France insoumise
→ Visé :Debout !François RuffinMentionné :La France insoumise

L'album se referme sur une déclaration d'intention : œuvrer à réparer le pays plutôt qu'à le déchirer, faire que La Courneuve et Amiens marchent main dans la main, que deux France cessent de se regarder en chiens de faïence. Les animateurs y entendent moins un programme qu'une opposition de méthode adressée à la gauche insoumise, et relèvent que l'image de la France comme archipel de communautés à réunir emprunte un cadrage qui n'est pas le sien.

« là, ça c'est vraiment son attaque : regardez, La France insoumise, c'est comme ça qu'on fait de la politique »
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💡 Idée-cléAnalyse IA
Le stream date une bifurcation : après les polémiques sur l'islamophobie et les violences policières, l'album dit quelle route a été prise
→ Visé :Debout !François Ruffin

La séance se termine par une lecture de trajectoire. Le « j'ai foot » qu'ils lui prêtent n'est pas une invention : après avoir signé l'appel à la marche contre l'islamophobie du 10 novembre 2019, Ruffin n'y est pas allé et l'a expliqué par « je n'irai pas dimanche, je joue au foot » — une phrase qui lui est restée et que les animateurs étendent aux violences policières, sur lesquelles sa réserve lui a aussi été reprochée à sa gauche. Ils présentent l'album comme sa réponse à ce reproche, un livre où il traite lui-même la question du racisme, et estiment que 60 % des pages y passent sans que le travail soit fait.

« il s'est fait terminer, et là il avait deux routes qui s'offraient à lui : travailler le sujet, ou devenir ce qu'il est devenu. Et il a pris l'autre route. »
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