Antoine Léaument — « Réseaux sociaux : le RN laisse passer une loi liberticide »
Récapitulatif hebdomadaire d'actualité politique d'Antoine Léaument (député LFI) sur une semaine de votes solennels à l'Assemblée : réintroduction de pesticides (acétamipride), interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans (présentée comme un contrôle d'identité généralisé sur Internet), et classement de la pétition contre la loi « permis de tuer ». Ton pédagogique et militant.
Léaument souligne que toute la droite et le Rassemblement national ont voté pour la réintroduction de l'acétamipride, pesticide qu'il qualifie de dangereux et cancérigène pour les enfants. Il y voit une contradiction du RN, qui accusait auparavant les Insoumis d'être « complices de ceux qui veulent du mal aux enfants » (à propos de leur vote contre la perpétuité dans la loi de protection des mineurs).
« Le Rassemblement national a voté pour réintroduire des pesticides dangereux et cancérigènes pour les enfants. »
Léaument raconte une fracture interne à la majorité : des députés macronistes voulaient un débat spécifique et avaient déposé des amendements pour empêcher la réintroduction du pesticide ; le Premier ministre le leur avait promis puis a refusé leurs amendements. Signe, pour lui, d'une majorité au bord de l'implosion.
« Le Premier ministre a refusé les amendements qui venaient du groupe macroniste, signés par plusieurs députés macronistes, pour empêcher la réintroduction. »
Cœur de la vidéo : pour vérifier l'âge des moins de 15 ans, il faudra vérifier l'identité de tout le monde — donc, selon Léaument, carte d'identité ou reconnaissance faciale pour se connecter à X, Facebook, Instagram, YouTube, TikTok ou Snapchat. Il y ajoute des inquiétudes sur le prestataire retenu (France Identité, France Connect, acteurs privés ou étrangers), l'ingérence et la sécurité des données (« l'État, c'est une passoire »).
« Ce n'est pas une loi qui concerne ceux qui ont moins de 15 ans, c'est une loi qui concerne tout le monde. »
Léaument critique une logique d'interdiction traduisant selon lui un « mépris pour les enfants », au lieu d'une politique de prévention et d'éducation aux usages numériques (rôle de l'école, règle des « 3-6-9-12 », formation des parents). Il rappelle que le danger tient au contenu et aux usages (dépendance, dépression, harcèlement), pas aux écrans en soi.
« L'attitude qui est derrière l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, c'est une attitude de mépris pour les enfants. »
Le RN, favorable au texte le matin (Franck Allisio sur Sud Radio), s'est retrouvé pris entre sa base « libertarienne » hostile au contrôle d'Internet et son électorat plus âgé favorable aux interdictions. Résultat : une députée (Laure Lavalette) dit « non à une loi liberticide » puis s'abstient, et sur 122 députés RN, seulement 16 votes exprimés dont 14 abstentions. Léaument y voit un manque de courage politique caractéristique.
« Sur 122 députés du Rassemblement national, vous avez 16 votes dont 14 abstentions. »
Léaument revendique que la France insoumise a été le seul groupe dont tous les membres présents (63) ont voté contre la loi, fournissant 63 des 81 voix contre. Il renvoie au programme de LFI sur les libertés numériques, qu'il présente comme le plus abouti et soutenu par les associations du secteur.
« Le seul groupe qui a voté contre cette loi-là, c'est le groupe de la France insoumise. »
Léaument critique le 20h de France 2 pour avoir présenté la loi comme une simple interdiction aux moins de 15 ans, sans jamais mentionner qu'elle imposera de contrôler l'identité de tous les internautes — une information qu'il juge essentielle et absente du service public de l'information.
« Il va falloir contrôler l'identité de l'intégralité des gens sur Internet ? À aucun moment ça n'est dit. C'est le service public de l'information. »
Léaument dénonce le classement de la pétition (plus de 720 000 signatures) par la commission des lois le 21 juillet vers minuit, empêchant la poursuite des signatures. Il y lit un message de mépris des députés RN, LR, macronistes et MoDem envers la mobilisation populaire.
« La commission des lois de l'Assemblée nationale décide que cette pétition n'a pas lieu d'être. »
Léaument annonce qu'en cas de victoire en 2027, LFI abrogera la loi « permis de tuer » et remontera à l'article L435-1 du code de la sécurité intérieure, instauré sous Bernard Cazeneuve, qu'il présente comme la « première pierre » du permis de tuer. Il veut rétablir des règles de police républicaine et réinscrire dans le code de déontologie la défense des valeurs de la République, supprimée sous Manuel Valls.
« Quand on arrivera au pouvoir en 2027, on abrogera cette loi-là, mais on ira plus loin que ça. »
Face au classement de la pétition, Léaument annonce des amendements (réforme du règlement de l'Assemblée en septembre) pour que les pétitions puissent imposer un ordre du jour plutôt que d'être balayées. Il relie cela au projet de 6e République dotée d'un pouvoir d'intervention populaire permanent via le référendum d'initiative citoyenne.
« Il faudrait que les pétitions puissent imposer un agenda à l'Assemblée nationale. »