Éric Coquerel — budget 2027, prix de l'essence et présidentielle (BFM Politique)
Éric Coquerel (LFI), président de la commission des finances, invité de BFM Politique. Il aborde la flambée du prix de l'essence sur fond de conflit USA-Iran, le budget 2027 (« qui ne réglera rien »), le vote de LFI contre la perpétuité pour les violeurs multirécidivistes de mineurs, la présidentielle et le soutien d'Elon Musk à Marine Le Pen.
Face à la hausse du carburant, Coquerel demande à l'État de bloquer les prix en jouant sur les marges de raffineur-producteur (soit Total), rappelant que la France l'a déjà fait en 1990 sans empêcher Total de faire des bénéfices.
« Je préférais que l'État bloque les prix en jouant sur ses marges de raffineur producteur. Ça serait plus intéressant pour les Français. »
Coquerel dénonce une captation de la hausse des prix par Total (+51 % de bénéfices au 1er trimestre 2026) via le trading, et qualifie le plafonnement à 1,99 € d'« opération marketing » qui déplace la consommation vers Total au détriment de ses concurrents.
« Total, au 1er trimestre 2026, ça fait plus 51 %. »
Pour Coquerel, l'objectif de déficit à 4,9 % est « de la science-fiction » (coût de la guerre et de la dette), et le budget repose sur des coupes (1 Md sur le budget de l'État, 6 Md hors budget militaire qui, lui, augmente).
« Ce budget-là ne réglera rien. »
Coquerel fixe comme lignes rouges le maintien du budget des services publics et l'absence de coupe ou de désindexation sur les fonctionnaires. Il illustre par la sécurité civile : sept fois plus de surface brûlée depuis 2017 pour un budget quasi stable.
« Arrêter de mettre l'État, les services publics à l'os. »
Coquerel refuse de laisser passer sans censure le budget d'un gouvernement minoritaire depuis juillet 2024, y compris en pleine campagne présidentielle, jugeant que les électeurs se retourneraient contre ceux qui l'auraient accepté.
« C'est pas parce qu'on sera en campagne présidentielle qu'on laisse passer un mauvais budget. »
Coquerel défend le vote de LFI contre la perpétuité automatique : la dissuasion par l'aggravation des peines « ne marche pas » ; il faut des moyens pour la prévention et contre la récidive (3 milliards nécessaires selon lui, contre 130 millions au budget justice). Il répond ainsi à Gérald Darmanin, qui jugeait les pédocriminels « incurables ».
« On va régler tous les problèmes de la société avec une surenchère pénale. Je dis que c'est démagogique. »
Face à Maud Bregeon (qui qualifie Mélenchon de « communautariste » portant « l'effacement de la France ») et au « double dégagisme » de Bernard Cazeneuve, Coquerel réplique que ceux qui renvoient dos à dos la gauche et l'extrême droite ne sont pas de gauche mais de droite.
« Ces gens-là ne sont pas de gauche. En réalité ces gens-là sont de droite. »
Après le soutien d'Elon Musk à Marine Le Pen (« dernier espoir de la France »), Coquerel dénonce un soutien répété aux « suprémacistes et racistes » (Trump, AfD) et redoute des ingérences étrangères sur X pendant la présidentielle, rappelant celles subies aux municipales.
« Il soutient en Europe les candidats suprémacistes et racistes. »