Blast — « Parti socialiste : l'art de trahir (la gauche et les électeurs) »
Chronique de Blast, même format que blast-macron-incendiaire-2026, blast-faux-antisemites-vrais-racistes-2026 et blast-antisemitisme-gauche-2026. Les 78 premières secondes juxtaposent des extraits de prises de parole (dont la formule « la gauche qui braille / la gauche qui travaille ») avant que le chroniqueur ne commence son décryptage à 1:18. Le fil : l'affaire Gabriel Attal / Lyes Louffok (candidat LFI à une législative partielle à Grenoble, qualifié à tort d'« extrême gauche »), la défense de ce dernier par Olivier Faure, l'amalgame gauche/extrême droite pratiqué par Le Monde et La Tribune Dimanche, puis la négociation entre le PS et François Bayrou sur la réforme des retraites, présentée comme une trahison de la promesse d'abrogation portée par le Nouveau Front populaire.
Après l'arrivée en tête au premier tour de Lyes Louffok, jeune candidat de La France insoumise et militant des droits de l'enfant, lors de la législative partielle de Grenoble (Isère), l'ancien Premier ministre Gabriel Attal a posté sur X un message appelant à voter pour la candidate macroniste au second tour. Blast souligne que La France insoumise n'est en réalité pas un parti d'extrême gauche mais une formation classiquement social-démocrate, au programme moins radical que celui du Parti socialiste dans les années 1980 : Gabriel Attal profère donc, selon Blast, une grossière contre-vérité.
« à battre l'extrême gauche au second tour »
Blast rappelle qu'en 2021, lors d'un débat télévisé, Gabriel Attal (alors ministre) avait au contraire salué le parcours et le combat de Lyes Louffok, ancien enfant de l'aide sociale à l'enfance devenu militant des droits de l'enfance — avant de le qualifier quatre ans plus tard d'« extrême gauche ».
« Moi je veux d'abord saluer votre combat parce que vous avez vécu, vous avez eu un parcours atroce ; vous avez été, comme beaucoup d'enfants, malheureusement, qui ont relevé de la protection de l'enfance, ballotté entre des services, abusé, maltraité. Vous auriez pu dire : en fait je tourne la page sur tout ça et je passe à autre chose. Et vous avez décidé d'en faire un combat pour que les autres enfants ne vivent pas ce que vous avez vécu. »
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a répondu sur X à Gabriel Attal pour défendre Lyes Louffok. Blast juge qu'Olivier Faure a, sur ce point précis, parfaitement raison.
« Il faut en finir avec un débat qui disqualifie sans argumenter. Louffok n'est pas d'extrême gauche, comme l'écrit Attal : il est issu de cette société civile engagée dont nous avons tous besoin pour lever les obstacles qui jalonnent la vie des plus vulnérables, au premier rang desquels ces enfants qui ne sont pas nés au bon moment, au bon endroit, avec des parents riches et aimants. Dimanche, le choix n'est pas entre l'extrême droite et l'extrême gauche, il oppose deux visions de l'avenir. »
Blast rappelle que la presse dominante amalgame depuis plusieurs années la gauche à l'extrême droite sous une même appellation, « les extrêmes ». Exemple retenu : le 31 décembre 2024, l'éditorialiste politique du Monde appelait de nouveau à neutraliser « les extrêmes », exhortant en particulier le Parti socialiste à s'affranchir des positions de La France insoumise sur le vote du budget 2025.
« neutraliser les extrêmes »
Dans son éditorial du 22 décembre 2024, le directeur de la rédaction de La Tribune Dimanche présentait La France insoumise comme une formation extrémiste sans apporter la moindre preuve, sans préciser en quoi elle le serait davantage que le parti macroniste — envers lequel il se montre par ailleurs plus indulgent. Une semaine plus tard, le 29 décembre, il présentait la bonne cote de popularité de Jordan Bardella et Marine Le Pen comme un signe de « la montée des extrêmes » : une manière, selon Blast, de faire passer la montée de l'extrême droite pour une preuve de celle de l'extrême gauche.
« de la montée des extrêmes »
Selon Blast, ces amalgames — qui profitent toujours à l'extrême droite en relativisant son extrémisme réel — servent aussi à semer la discorde au sein de la gauche, en opposant une gauche jugée infréquentable car trop extrémiste, incarnée par La France insoumise, à une gauche plus fréquentable, dite « gauche de gouvernement », incarnée principalement par le Parti socialiste et présentée comme seule capable de diriger le pays.
Blast note qu'Olivier Faure ne reste pas toujours aussi ferme que lorsqu'il défend Lyes Louffok : il lui arrive de se prêter aux mêmes manipulations, notamment via cette formule — reprise par des cadres socialistes sur les plateaux — qui oppose implicitement une « gauche qui travaille » (le PS, prêt à négocier) à une « gauche qui braille » (La France insoumise, qui refuse toute concession), un clivage qui sert la presse dominante pour présenter les socialistes comme des interlocuteurs responsables et La France insoumise comme irresponsable et extrémiste.
« il y a la gauche qui braille et il y a la gauche qui travaille »
Début janvier 2025, les socialistes ont engagé des tractations avec le Premier ministre François Bayrou pour obtenir, selon eux, des concessions sur la réforme des retraites — en réalité une simple suspension. Or c'est bien l'abrogation pure et simple de cette réforme qu'une très large majorité des Français réclame, et c'est la promesse de cette abrogation qui a permis à la gauche unie au sein du Nouveau Front populaire de remporter le second tour des élections législatives du 7 juillet 2024 — un résultat ensuite confisqué par Emmanuel Macron. En acceptant de discuter avec François Bayrou sur ces bases, les socialistes ont, selon Blast, trahi cette promesse : cela leur a permis d'apparaître comme des interlocuteurs de confiance, pendant que La France insoumise, qui refusait de son côté de renier la promesse faite aux électeurs, était de nouveau désignée par la presse dominante comme irresponsable et extrémiste. Blast anticipe même que si François Bayrou, sous la pression de ministres de droite menaçant de quitter le gouvernement, refuse finalement toute suspension, les socialistes se seront fait balader par la droite après avoir trahi leurs engagements — ce que la presse dominante qualifierait malgré tout de « responsable ».
« Les Français n'ont jamais demandé au Parti socialiste de négocier une simple suspension de cette réforme dont il réclame au contraire, et à une très large majorité, l'abrogation pure et simple. »