đŽ Dette publique et annulation partielle ! Je vous explique tout !
VidĂ©o pĂ©dagogique de cinq minutes publiĂ©e par AurĂ©lie TrouvĂ© sur sa propre chaĂźne, sans contradicteur : un exposĂ© Ă©crit et dĂ©roulĂ© d'un trait, oĂč elle dĂ©fend la position de La France insoumise sur la dette publique aprĂšs la sortie de Jean-Luc MĂ©lenchon proposant de « foutre au feu » la part dĂ©tenue par la Banque de France. Le format explique la densitĂ© de l'argumentation â cinq revendications distinctes en moins de cinq minutes. Elle Ă©tait intervenue sur le mĂȘme sujet sur franceinfo le 31 aoĂ»t 2026 (analyse « trouve-franceinfo-voile-retraites-dette-oCHzexdUvgw ») : le prĂ©cĂ©dent amĂ©ricain qu'elle invoque de nouveau ici y est dĂ©jĂ vĂ©rifiĂ© en dĂ©tail, il n'est pas rĂ©-instruit.
Deux variantes prĂ©sentĂ©es comme Ă©quivalentes : annuler purement et simplement, ou convertir en dette perpĂ©tuelle Ă taux nul â « la mettre au frigo ». La Banque de France en dĂ©tenait 596 milliards d'euros en novembre 2025, encours qui recule depuis l'arrĂȘt des rachats : 19 % des titres de dette publique, 17 % de la dette au sens de Maastricht. La conversion en titres perpĂ©tuels figure au programme de La France insoumise.
« nous la France insoumise, nous disons qu'il faut neutraliser cette dette publique dans les banques centrales, c'est-à -dire soit l'annuler tout simplement. Donc, on annule la dette publique, c'est ce qui était défendu par des centaines d'économistes européens en 2020, soit ce que dit Jean-Luc Mélenchon, la mettre au frigo, la congeler, la neutraliser ad vitam aeternam par une dette qui serait à taux nul et perpétuelle. »
L'Insee a publié le 25 juin 2026 une dette publique de 3 536,1 milliards d'euros à fin mars, soit 117,5 % du PIB, contre 3 460,5 milliards fin 2025. L'écart avec fin 2016 (2 188 milliards) dépasse 1 300 milliards : l'affirmation est en dessous de la réalité, pas au-dessus. Le déficit s'est établi à 5,1 % du PIB en 2025 et la cible du gouvernement pour 2026 est de 5,0 %, ce qui valide le « frÎle les 5 % ». L'imputation aux baisses d'impÎts et à la perte de recettes est en revanche une lecture politique, pas un constat comptable.
« La dette de la France est désormais de 3500 milliards d'euros. En 10 ans de Macron, c'est 1000 milliards de plus avec deux causes. Un, les grands cadeaux fiscaux qu'il a fait aux plus riches. Deux, le fait que ce soit une politique qui a plombé le pouvoir d'achat, donc les recettes fiscales. »
« Charge de la dette » recouvre deux comptes distincts. Pour le seul Ătat, en comptabilitĂ© budgĂ©taire : 53,5 milliards en loi de finances 2025, 58,0 au budget 2026. Pour l'ensemble des administrations publiques, en comptabilitĂ© nationale : 64,7 milliards en 2025 et 74,9 en acquis annuel 2026, soit +14 %. Le « 55 » relĂšve du premier pĂ©rimĂštre et le « 70 » du second : leur Ă©cart ne mesure donc pas la hausse d'une seule annĂ©e. Le reste est exact â 56 % de la dette nĂ©gociable de l'Ătat est dĂ©tenue hors de France, et l'OAT Ă 10 ans a atteint 4,25 % en septembre 2026.
« On verse donc 70 milliards d'euros sans doute Ă la fin de l'annĂ©e Ă des financiers essentiellement Ă©trangers. Et ces financiers privĂ©s Ă©trangers, ils profitent de taux d'intĂ©rĂȘt de plus en plus importants qui sont en train de dĂ©passer les 4 %. »
TrouvĂ© y dĂ©crit moins un Ă©tat de fait qu'un rapport de force : parce que l'Ătat se refinance en permanence sur les marchĂ©s, ses crĂ©anciers disposent d'un levier â exiger des coupes dans les dĂ©penses sociales sous peine de renchĂ©rir le crĂ©dit. C'est ce mĂ©canisme, et non le montant de la dette, qui justifie selon elle de la sortir des marchĂ©s.
« il faut savoir que ces financiers, ils font de la spĂ©culation sur notre dette. Ils profitent de la hausse des taux d'intĂ©rĂȘt et puis aussi ils font du chantage Ă la dette. Ils disent « Bah Ă©coutez les Ătats, Ă©coutez la France, si vous ne rĂ©duisez pas drastiquement vos dĂ©penses sociales, mais on va encore vous augmenter vos taux d'intĂ©rĂȘt. » »
Deux gestes trÚs différents se cachent derriÚre la proposition. Conserver les titres et les refinancer indéfiniment ne pose pas de difficulté : l'EurosystÚme l'a fait des années durant par le réinvestissement, et la Cour de justice a validé les achats sur le marché secondaire (Gauweiler, 2015 ; Weiss, 2018). Annuler ou convertir en dette perpétuelle est contesté : ses partisans relÚvent qu'aucun texte ne l'interdit expressément, la BCE et une part des juristes y voient un contournement de l'article 123 du TFUE. Aucune décision de justice n'a tranché.
« DeuxiĂšme mensonge de nos adversaires, c'est que ce serait obligatoire de modifier les traitĂ©s europĂ©ens pour ça. Absolument pas. La Banque centrale europĂ©enne peut tout Ă fait aujourd'hui [âŠ] congeler cette dette. »