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Ma réaction au vote pour l'autonomie de la Corse

▶️ Vidéo YouTubeInterviewJean-Luc Mélenchon · La France insoumise24 juin 2026

Entretien de sept minutes enregistré le soir du vote du projet de loi pour une Corse autonome à l'Assemblée nationale, dans les locaux du groupe La France insoumise, et publié sur la chaîne de Jean-Luc Mélenchon. L'intervieweur n'est pas un contradicteur extérieur : les questions sont posées depuis le mouvement, et elles relancent sans objecter. Le format est donc celui d'une réaction, pas d'un échange contradictoire — ce qui vaut pour ce que le lecteur en attend. Mélenchon y assiste au vote depuis les tribunes, dit son ralliement à un projet auquel il était opposé, en attribue le mérite au dirigeant autonomiste Gilles Simeoni, et engage sa candidature de 2027. Les chiffres du vote qu'il cite (70 voix d'avance, 70 députés dans le groupe LFI) sont ceux donnés dans l'entretien et ne sont pas recoupés ici.

3 analyses
💡 Idée-cléAnalyse IA
Mélenchon explique son ralliement à l'autonomie corse par une règle de préséance : démocrate avant d'être républicain
Propos de :La France insoumiseJean-Luc Mélenchon

Il ne présente pas son revirement comme une évolution de doctrine mais comme une conséquence, et c'est le raisonnement qui est intéressant : puisque le corps électoral corse tranche dans le même sens depuis dix ans, aucune conception de la République ne l'autoriserait à s'y opposer — « qui sommes-nous pour dire non ? ». Il pousse l'argument en désignant la seule alternative qu'il voit à l'acceptation : « comment on dit non ? On envoie la troupe ». Dans le même mouvement il écarte la contre-proposition du Rassemblement national, qu'il qualifie de « superposition des égoïsmes ethnicistes ». La règle qu'il pose ainsi vaut au-delà du dossier corse : c'est une hiérarchie entre deux principes dont il fait d'ordinaire un bloc.

« J'étais complètement contre. Et puis il y a les faits quand même. Quand on est un républicain, on est d'abord un démocrate. »
🏛️ Institutions & démocratie
✅ VérificationPlutôt vraiAnalyse IA
« La Corse vote majoritairement pour le projet autonomiste depuis 2015 » : la continuité est établie, mais 2015 n'a pas été une majorité de voix
Propos de :La France insoumiseJean-Luc Mélenchon

La continuité est réelle et elle s'est renforcée : les listes nationalistes et autonomistes dirigent la collectivité de Corse sans interruption depuis 2015, et leur poids a crû à chaque scrutin. La nuance porte sur le point de départ. En 2015, la liste de Gilles Simeoni l'emporte avec 35,34 % des voix au second tour et 24 sièges sur 51 — une majorité relative, obtenue dans une triangulaire, pas une majorité de suffrages. C'est en 2017 que la coalition Pè a Corsica passe la barre de la majorité absolue des voix, puis en 2021 que la liste Simeoni approche les deux tiers au second tour. La thèse que l'affirmation sert — un choix électoral constant, qu'il serait antidémocratique d'ignorer — n'est pas entamée par cet écart ; c'est la date de 2015 qui est prise pour plus qu'elle ne dit.

« la population en Corse vote d'une manière constante majoritairement depuis 2015 en faveur du projet autonomiste, qui sommes-nous pour dire non ? »
🏛️ Institutions & démocratieWikipédia — Élections territoriales de 2015 en Corse ↗Wikipédia — Élections territoriales de 2017 en Corse ↗Wikipédia — Élections territoriales de 2021 en Corse ↗
💡 Idée-cléAnalyse IA
Mélenchon engage sa candidature de 2027 : le projet corse mené « à son terme tel qu'il est », avec un recours possible au référendum national
Propos de :La France insoumiseJean-Luc Mélenchon

C'est l'engagement le plus concret de l'entretien, et il porte sur deux choses distinctes : ne pas rouvrir le texte, et soumettre le cas échéant la question à l'ensemble du corps électoral français. Il y adjoint une condition de fond, posée comme « fondatrice » : un principe de non-régression sociale, écologique et en matière de libertés publiques, pour que l'autonomie corse ne serve pas de modèle à des droits sociaux « à la carte ». Interrogé en revanche sur le statut de résident, la coofficialité de la langue et la corsisation des emplois — les points qui divisent le plus —, il répond « je dis joker » et renvoie à ce que voudra le mouvement autonomiste.

« si je suis élu président de la République, puisque je suis candidat à l'être, eh bien ce projet ira à son terme tel qu'il est, et nous consulterons, s'il le faut, directement le peuple français tout entier. »
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