Raquel Garrido
« Il faut diaboliser Mélenchon », écrivait Bernard-Henri Lévy dans Le Point le 8 juillet 2024. Depuis quinze ans, Jean-Luc Mélenchon puis La France insoumise font l'objet d'un traitement médiatique que leurs défenseurs décrivent comme une diabolisation, en trois portraits successifs : un mouvement « extrémiste » aux idées archaïques, un parti « islamo-gauchiste » et « antisémite », enfin le parti de la violence — des accusations reprises d'un plateau à l'autre, presse de gauche comprise, plus vite qu'elles ne se vérifient. Ce dossier rassemble les prises de parole qui analysent ce traitement, y compris les critiques qu'elles adressent à LFI elle-même, et les confronte aux faits.
Dans la nuit du 14 au 15 juin 2024, à la veille des législatives anticipées, La France insoumise ne réinvestit pas cinq de ses députés sortants : Alexis Corbière, Raquel Garrido, Danielle Simonnet, Hendrik Davi et Frédéric Mathieu. Les partants y voient la sanction de désaccords ouverts depuis la nouvelle direction de décembre 2022 ; leurs contradicteurs rappellent que L'Après, leur propre mouvement, avait été déclaré dès le 21 mai. Corbière est réélu sans l'étiquette, LFI exclut les membres de L'Après le 13 juillet, et François Ruffin rompt avec le mouvement. Ce dossier rassemble les prises de parole sur ces ruptures, celles des partants comme celles de leurs contradicteurs, et les confronte aux faits.
Comment La France insoumise traite-t-elle ses désaccords ? La question court depuis les ruptures de 2022 à 2024 — une direction resserrée autour de Manuel Bompard, des sanctions, la non-réinvestiture de cinq sortants — et « La Meute », l'enquête des journalistes Charlotte Belaïch et Olivier Pérou parue le 7 mai 2025 chez Flammarion, l'a installée au cœur du débat public : un pouvoir concentré autour de Jean-Luc Mélenchon et de son premier cercle, des désaccords qui se paient. Ce dossier rassemble les prises de parole des partants, du mouvement et de ses soutiens, et les confronte aux faits.