Danièle Obono
Au printemps 2026, deux séquences se rejoignent autour de François Ruffin, député de la Somme et président de Debout !. D'un côté ses déclarations sur l'immigration : un entretien à Marianne où il défend la nation et les frontières, puis, le 28 avril, un « je suis hostile à l'immigration pour le travail » assorti d'exemples de nationalités. De l'autre « Picardie Splendor », la bande dessinée qu'il publie le 7 mai chez Les Arènes, dont des planches lui valent d'être accusé de reproduire des stéréotypes racistes et de se mettre en scène en « sauveur blanc ». La critique vient d'abord de sa gauche — « le temps des colonies, c'est fini », lui répond l'écologiste Sabrina Sebaihi — et il s'en explique dans Libération le 18 mai, disant comprendre que ces images puissent blesser tout en récusant l'accusation. Les deux fils se suivent ensemble parce que c'est ainsi qu'ils ont été reçus : chaque décryptage relit les déclarations à la lumière de l'album, et l'inverse.
Le 31 août 2026, François Ruffin répond à Gaspard G dans un entretien de trois quarts d'heure, « face à ses dossiers ». Trois jours plus tard, le stream Zawa Prod le reprend pendant plus d'une heure et demie pour le critiquer sur sa gauche. Ce dossier tient les deux bouts : ce que Ruffin dit de lui-même, et ce qu'une partie de la gauche en ligne lui répond.
« Il faut diaboliser Mélenchon », écrivait Bernard-Henri Lévy dans Le Point le 8 juillet 2024. Depuis quinze ans, Jean-Luc Mélenchon puis La France insoumise font l'objet d'un traitement médiatique que leurs défenseurs décrivent comme une diabolisation, en trois portraits successifs : un mouvement « extrémiste » aux idées archaïques, un parti « islamo-gauchiste » et « antisémite », enfin le parti de la violence — des accusations reprises d'un plateau à l'autre, presse de gauche comprise, plus vite qu'elles ne se vérifient. Ce dossier rassemble les prises de parole qui analysent ce traitement, y compris les critiques qu'elles adressent à LFI elle-même, et les confronte aux faits.