L'observatoire
Les prises de parole des responsables politiques, décortiquées : citations, idées-clés, critiques et débunks — reliés aux acteurs concernés et aux grands thèmes. Un phare sur la vie politique.

Le mot d'ordre porté par Manon Aubry, qui dit assumer d'aller plus loin que « taxer les riches ». Derrière la formule, il n'y a pas de loi qui interdirait d'être milliardaire — les intervenants le disent eux-mêmes sur scène — mais un ensemble d'outils fiscaux censés rendre cette fortune impossible à constituer : taxe Zucman relevée, ISF renforcé à volet climatique, héritage plafonné, exit tax, retour à la progressivité. Le slogan a immédiatement produit son débat, entre ceux qui y voient une clarification et ceux qui y voient une confiscation, et il sera l'un des points d'attaque de la campagne de 2027. Ce dossier suit ce que la formule recouvre réellement, et ce qu'on lui oppose.

Le 27 août 2026, sept candidats déclarés à la présidentielle de 2027 se sont retrouvés pour la première fois sur une même scène — devant le patronat, aux universités d'été du Medef à Roland Garros. Format inhabituel pour un premier débat : ce ne sont pas des journalistes mais des chefs d'entreprise, choisis parmi 66 000 dirigeants consultés, qui interrogent les candidats sur la dette, l'emploi, les salaires, la réindustrialisation et les normes. Ce choix de s'adresser d'abord aux grands patrons, avant tout autre débat, dit quelque chose de la place que la campagne 2027 accorde au monde économique. Un sujet appelé à durer : d'autres débats et réactions politiques suivront.

Une séquence qui court sur plusieurs mois : l'accusation d'« antisémitisme de gauche » adressée à LFI et à ses proches, et en regard le traitement réservé à l'antisémitisme d'extrême droite. Les analyses réunies ici suivent cette controverse épisode par épisode.

Les universités d'été de La France insoumise, dernière édition avant la présidentielle. C'est là que le mouvement rode ses formulations de campagne devant ses propres militants — donc avec moins de précautions qu'en plateau — et qu'il éprouve ses alliances : plusieurs responsables d'autres formations de gauche y ont été invités à s'expliquer sur scène. Les prises de parole y sont longues, argumentées et souvent chiffrées, ce qui les rend vérifiables ; elles annoncent aussi des engagements qui n'ont pas toujours leur équivalent écrit dans le programme. Un dossier qui suivra les temps forts de l'édition.

Les Écologistes abordent la présidentielle divisés en trois directions incompatibles. Yannick Jadot, candidat du parti en 2022, se rallie à Raphaël Glucksmann ; Sandrine Rousseau appelle à rejoindre la campagne de Jean-Luc Mélenchon ; Marine Tondelier tient l'appareil et défend une candidature autonome. Trois lignes qui ne recouvrent pas seulement des tactiques d'alliance, mais deux conceptions de l'écologie — celle qui se pense comme un correctif à l'intérieur du cadre existant, et celle qui la lie à une rupture économique — et un désaccord sur le nucléaire que le rapprochement avec Place publique remet au centre. Un parti que ses concurrents disent fini, et qui n'a plus d'échéance pour trancher.

AfD en Allemagne, Rassemblement national en France, Fratelli d'Italia, administration Trump aux États-Unis : ce dossier suit la progression des forces d'extrême droite et ce qu'en disent celles et ceux qui les étudient ou les combattent. Deux questions le traversent. Celle des filiations — ce qu'un parti d'aujourd'hui doit, ou refuse de devoir, aux fascismes du XXe siècle. Et celle des mécanismes : qui fait la courte échelle, quelles politiques préparent le terrain, et à quel moment une ascension cesse d'être résistible. Les qualifications les plus lourdes y sont toujours attribuées à qui les prononce : le site rapporte ce qui est affirmé et par qui, il ne décerne pas d'étiquettes.